Le royaume des Guerlets
(Auteur : Lysandraux, Ladybug )
Le groupe de compagnons continuait
leur route en direction du village, on pouvait y voir quelques fumées sortant
des cheminées, et une bonne odeur de nourriture...
Un bruit fit sursauter les compagnons, tous se tournèrent vers Azog.
-Bahh..c'est que j'ai faim moi ! Leur dit-il.
La village était fermé par une porte aussi grande que Snake, mais plus grande
que Azog et Lyzandraux...
Les autres restaient patiemment là à regarder par dessus la porte, pendant que
les nains s'impatientaient.
-Dit ma Snaki, tu ne comptes pas y passer la nuit ? Questionna sarcastiquement
Azog.
Snake, qui malgré sa taille
commençait également à s'impatienter, commença à pousser la porte.
A l'interieur du village il n'y avait rien, tout le monde semblait s'être enfui,
quand soudain une voix se fit entendre :
-Qui êtes-vous ?
Snake, Willard, Earinya et Themis baissèrent la tête, Azog et Lysandraux
regardèrent face à eux.
-Bah maglré vot' taille vous semblez pas bien méchant...
Lyzandraux questionna Snake :
-C'est un lutin ?
Azog :
- Non
on dirait plutôt un Gnome.
Snake :
- Non,
non, on dirait plutôt un nain.
Lyzandraux :
- Lui
manque la barbe.
Thémis :
- Non,
z'avez tout faux !
Azog :
- Ah oui, alors c'est quoi, un Lutin, un Gnome... un...?
Le petit bonhomme les regardait d'une façon un peu froncé.
Earinya :
- Moi
je trouve qu'il ressemble à un lutin...
Lyzandraux :
- Si
c'était un lutin il parlerait n'importe comment.
Azog :
-
Sûrement, seulement il n'a toujours pas parlé.
Lyzandraux :
- Bahh
! du peu qu'il a dit il n'y mettait pas des "trix flax ou des zix tosfx"
Le...Bonhomme :
- Vous
semblez pas très bien informés pour des humains.
Azog :
- Et
des nains !
Le...Bonhomme :
- Je
suis un Guerlet..!
Azog :
- Un
Galet ?!
Lyzandraux :
- Non,
un Guarli...ou...un Guarlet...
Earinya :
- Un
Guerlet ! Mais oui, nous somme dans le royaume des Guerlets !
Azog :
- Bahh
! pourtant sur le panneau y avait marqué "Village Troglodyte".
Snake :
-
Alors pourquoi ne serait-ce pas un Troglodyte ?
Le Guerlet :
- On a
le droit d'appeler notre village "Le village Troglodyte" vous appelez bien vos
ville "Verdistis" pourtant vous n'êtes pas des Verdistis...
Willard qui ne parlait pas beaucoup :
- Il
marque un point là.
Earinya :
- Nous
sommes des aventuriers, les nuits sont dangereuses ici, pourrions-nous nous
reposer ici et ...
Lyzandraux :
-
Manger !!
Earinya :
- Et
manger oui...?
Le Guerlet :
-
Comme vous voudrez, nous avons le sens de l'hospitalité nous, toutefois, vous
devrez vous rendre dans la maison de notre chef...
Les compagnons se mirent en route tout en suivant le Guerlet, peu à peu d'autres
Guerlets sortirent de leur maison pour observer les étrangers.
A part l'église et divers bâtiments municipaux, aucunes bâtisses n'étaient apparentes. Quelques portes de bois et d'étroites fenêtres s'ouvraient dans le flan des falaises qui bordaient la route principale, donnant au village une impression étrange. Nos amis ressentaient comme un malaise, la sensation que leurs moindres gestes étaient épiés par mille petits êtres invisibles...
Le Guerlet, suivi de nos compagnons, bifurqua dans une ruelle donnant sur un escalier creusé dans la roche. Quelques marches plus haut, il s'arrêta devant une lourde porte qu'il frappa énergiquement de son heurtoir de bronze sculpté, représentant un grillon à la tête couronné. Le juda s'ouvrit :
- Grigrix ? S'exclama une voix surprise. Comment oses-tu venir déranger le maître en plein milieu de son dîner ? J'espère pour toi que la nouvelle est d'importance !
- Juges par toi-même ! Répliqua Grigrix en montrant du doigt la troupe derrière lui.
- Qui sont ces gens ? Demanda sèchement le gardien de la demeure.
- Des aventuriers à ce qu'ils prétendent mais il serait bon que le maître juge s'ils peuvent ou non séjourner parmi nous.
Le gardien referma le juda dans un claquement sec et ouvrit la porte.
- Qu'ils entrent ! Dit-il en s'écartant pour laisser passer le groupe. Et qu'ils attendent ici en silence. Je vais consulter sa seigneurie.
Il disparut dans le hall à peine éclairé par la lumière du jour que filtraient les deux fenêtres à peine plus larges que des meurtrières.
- C'est lugubre ici ! Murmura Thémis. Comment peux-t-on vivre dans cette demi obscurité ?
- Sûrement une question d'habitude ! Chuchota Lyzandraux en réponse.
- Chuuut ! Leur intima Grigrix en fronçant les sourcils. Vous n'avez pas été invités à parler.
A ce moment le gardien réapparût.
- Veuillez me suivre, le maître va vous recevoir. Leur dit-il.
Après un long dédale de couloirs obscurs, nos amis se trouvèrent face à une double porte si haute qu'elle semblait avoir été faite pour le passage d'un géant. Assez surprenant pour une demeure de Guerlets !
Deux gardes en poussèrent les battants qui grincèrent sur leurs énormes gonds et une lumière éblouissante les aveugla un court instant. Suivant toujours Grigrix, ils entrèrent dans une vaste salle. Son dôme de verre aux multiples facettes absorbait les rayons du soleil, déjà déclinant, pour les projeter sur les murs recouverts d'or, donnant à la pièce une luminosité féerique. Au centre de la pièce une cinquantaine de Guerlets, assis autour d'une grande table, s'étaient interrompu dans leur festin. Cent petits yeux inquisiteurs observaient les étrangers. Le seigneur, en bout de table, s'adressa aux Guerlets qui l'entouraient.
- Faites place ! Leur ordonna-t-il !
Aussitôt sept Guerlets se levèrent pour céder leurs sièges à nos compagnons.
- Bienvenue à Rochecreuse ! Leur dit le seigneur des lieux. Prenez place et restaurez-vous.
- Nous vous remercions de votre accueil chaleureux. Lui dit Azog.
Le groupe prit place de chaque côté du seigneur, et des serviteurs se précipitèrent pour leur proposer des mets aussi étranges que variés : Potage d'ortie aux oeufs de puceron, mousse de foie de serpent, ragoût d'araignée, pommes de terre au miel, etc... le tout arrosé de vin de myrtille.
Nos amis mangèrent peu malgré leur faim et le maître des Guerlets s'en étonna.
- C'est que nous sommes épuisés ! Prétexta Azog pour ne pas vexer leur hôte.
- Oh ! Je comprends ! Lui dit le maître. Je ne vais pas vous retenir bien longtemps dans ce cas. Mais j'aimerai savoir ce qui a pu vous mener jusqu'à mes terres. La vie ici est plutôt calme et vous n'y trouverez point d'aventures à vous donner le frisson. Est-ce le hasard ?
- En fait, répondit Azog en avalant péniblement une bouchée de ragoût, nous avons une quête à accomplir. Nous venons du duché de Rivellon pour rencontrer Pridia...
- Pridia ? L'interrompit le seigneur soudain sur la défensive. Pridia est encore une enfant. Elle n'a jamais quitter le village et le monde ignore son existence. Qui vous a parlé d'elle ? Que lui voulez-vous ?
- N'ayez crainte ! Reprit Azog sur un ton rassurant. Nous ne lui voulons aucun mal. Nous avons un message à lui transmettre de la part de la duchesse Lady et...
- Je ne connais pas de duchesse Lady ! Reprît le seigneur furibond et je vous conseille de rester loin de ma fille où il vous en cuira.
- Seigneur ! Voulut reprendre Azog. Au moins écoutez-nous...
- Il suffit ! Vociféra le maître des Guerlets. Votre présence ici est importune. Mais, comme je suis bon prince, je vous offre l'hospitalité pour la nuit. Vous quitterez le village demain matin.
Il claqua dans ses mains et des gardes accoururent.
- Conduisez ces gens aux étables pour qu'ils s'y reposent et veillez à ce qu'ils y restent. Demain, vous les escorterez hors de nos murs.
Ainsi fut fait. Après une longue nuit de sommeil passée dans la paille fraîche de l'étable, le groupe fut reconduit hors de Rochecreuse et la porte du village se referma sur leurs pas. La quête n'était pas aussi simple à résoudre qu'ils l'avaient pensé.