L'armure "Rusilia"
(Auteur : Ylthanis )
Quelques jours après le départ de la cité de TOR WAUQUI, le groupe se décide à faire une halte un peu plus longue qu’a l’accoutumée pour décider de quel artefact il serait question dans les prochains jours… Deadelus avait trouvé quelque chose dans ses lectures qui l’amenait à penser qu’un de ces derniers n’était pas loin, à priori il devait être dans les montagnes avoisinants le territoire de ce seigneur à la réception si agréable (pendant son séjour dans la bibliothèque il n’avait jamais eu autant d’aisance pour pouvoir étudier, vin, ripaille et grimoire de légende ayant été mis à sa disposition malgré le fait que MAGIC SOLTICE, grand mage émérite et ancien compagnon d’arme d’Ylthanis l’avait démasqué). Il proposa donc de prendre la direction des dites montagnes pour trouver lequel des artefacts «manquants» s’y trouvait… Tout le monde se tournant vers Ylthanis vit dans ses yeux comme une envie de faire demi tour et un air de résignation. Mais cela ne dura pas car Myriam vint lui parler et ensuite il redevint plus radieux. Il lui avait expliqué qu’il savait effectivement ce qu’était l’artefact qui se trouvait dans les montagnes et qu’il craignait plus pour elle que pour lui la réaction des «êtres» qui le gardait après l’avoir forgé, mais elle semblait l’avoir rassuré, alors par voie de conséquence il oublia les problèmes auxquels il avait pensé et les guida vers le pied du plus grand pic qu’il ait jamais vu… Là, il les regarda et leur dit qu’il ne pouvait malheureusement pas leur en dire plus. C’était à eux de trouver l’entrée du passage car il fallait accéder aux tréfonds de la montagne, et seule une porte magnifiquement cachée car de conception naine et enchantée par des elfes y donnait accès…
Après plusieurs jours
de recherche pendant lesquels Ylthanis avait purement et simplement
«disparu», le groupe finit par trouver un endroit qui pouvait être le lieu
où se situait cette porte, Myriam s’étant souvenu que les enchantements
elfiques anciens qui étaient mêlés à la construction naine prenaient toute
leur ampleur à la lueur d’une magnifique pleine lune, mais que cela était
particulièrement dangereux car la magie dégagée lors de ces «apparitions»
attirait forcement quelques créatures qui étaient aux dires des légendes
particulièrement puissantes et Dead avait ressenti quelques heures
auparavant une puissante et très étrange explosion d’effluves magiques… Mais
ils n’avaient pas le choix, alors ils attendirent trois jours que la lune
soit brillante et illuminante, et à la vue de celle-ci au découvert d’un
gros nuage noir, un pan de la falaise qui les surplombait se mit à luire et
quelques inscriptions apparurent. C’était de l’ancien elfique mêlé à du
durandin l’ancienne langue naine… Il leur fallut toute la concentration de
Myriam pour réussir à déchiffrer la partie elfique et tout le monde maudit
Ylthanis de ne pas être là pour les aider quand derrière eux ils virent un
effroyable spectacle d’un dragon multicolore sanguinolent, titubant et
perdant du sang par tous les «pore » de ses écailles… Celui-ci vint
s’effondrer à leur pied, suivi de près par une espèce de titanesque
femme-serpent à six bras dont sept avait été apparemment purement et
simplement arrachés… Le groupe ne chercha pas très longtemps et comprit très
vite qu’il fallait agir pour leur sauvegarde lorsque Myriam se mit à hurler
en se tenant la tête comme si quelqu’un ou quelque chose cherchait à prendre
possession de son esprit… Ils se jetèrent à corps perdu contre cette
abomination démoniaque qu’est une marylith et Haper fut tout heureux de se
rendre compte que face à une créature de cet acabit sa folie meurtrière
pouvait s’épancher… et il ne s’arrêta qu’après l’avoir débitée en rondelles,
ce qui fit reculer d’horreur tout les autres, une étrange lueur brillant
dans ses yeux…
Deika ne fut la seule à ne pas y prêter grande
attention au final car elle avait vu le dragon commencer à se «transformer»
et elle se souvenait qu’Ylthanis lui était apparu la veille en rêve sous
cette forme, comme s’il veillait sur eux du haut du ciel. Elle s’approcha de
lui et ELFIN’S SWORD se mit a luire de mille feux, semblant reconnaître
celui qui pourtant était méconnaissable sous cette apparence. Toutes deux
s’évertuèrent alors à soigner au plus vite le chevalier elfique qui était
bien mal en point sans avoir l’air d’être agonisant non plus, comme si
quelque chose empêchait son «âme» de partir. Au fond de ses yeux se lisait
le désespoir, la lassitude et un air dépité se dessinait sur son visage
fatigué. Une fois remis sur pied ce dernier leur expliqua qu’il avait du les
laisser à la suite de la première nuit au bas de la montagne car il avait
senti l’aura démoniaque de cette marylith qui rodait aux alentours de la
porte. Il pensait pouvoir l’en éloigner et en venir à bout et ainsi leur
épargner la vue de cette atrocité et surtout le risque de perdre bêtement la
vie en se faisant trancher la tête ou un membre car cette folle furieuse
avait cette fâcheuse habitude d’avoir des armes d’acuités voire vorpale dans
les mains, mais il fut malheureusement surpris de constater qu’elle était
plus puissante qu’il ne le pensait et avait invoqué des démons de second
cercle pour l’épauler, et en ce cas là, seule sa forme draconique pouvait
les aider malgré la «fatigue» qu’elle engendrait pour lui. Il les combattit
donc pendant que le groupe s’évertuait à chercher cette porte. Il espérait
réussir à la vaincre avant leur arrivée mais les ayant vu approcher de
l’endroit où se situait la porte alors que la démone n’était pas encore
passée de vie à trépas, il fut obligé d’utiliser un très vieux sort pour les
«transposer» dans un autre plan le temps d’en finir. Mais il n’y parvint car
il avait présumé de ses forces qui n’étaient plus aussi importantes qu’elles
l’avaient été de par le passé.. Elles revenaient petit à petit mais elles
étaient loin d’être à leur apogée. Il fut donc obligé de réapparaître devant
eux et de les laisser agir, ayant pris soin de risquer le tout pour le tout
en «arrachant» le plus de bras à la marylith, exposant à ces moments là son
cou à ses armes dévastatrices, mais il avait réussi a finir son travail et
tout allait mieux. La porte fut ouverte après que l’énigme soit «décryptée».
Elle était la suivante :
"De l’ombre parfois sort la lumière, mais pour la faire naître il faut savoir se risquer dans l’inconnu…
Et c’est furet, n’y
tenant plus qui découvrit le moyen de l’ouvrir car il alla mettre une de ses
mains dans un trou juste assez gros pour y passer un bras qui se situait
au-dessus de la porte et y trouva un très vieux parchemin sur lequel était
inscrit la formule d’ouverture précédée d’une phrase disant que la personne
n’ayant pas eu peur de se risquer dans ce minuscule boyau verrait sans doute
ses facultés s’améliorer par la suite, ce qui ne se fit pas trop attendre
car il se sentit envahi par une force colossale qui lui permit de dégager à
lui tout seul le rocher qui obstruait le passage derrière la porte. Mais il
fut plutôt surpris de voir derrière ce dernier une centaine de nains armés
d’arbalètes qui le pointait comme s’il n’était pas du tout le bienvenu…
"Ne soyez pas trop prompts à dispenser la mort frères
nains" S’exclama Myriam dans une espèce d’elfique ancien. "Nous ne venons
point vous importuner plus que de nécessaire pour la sauvegarde du bien du
monde"… Les arbalètes se baissèrent une a une et un nain ressemblant plutôt
à un géant fit son apparition et leur demanda alors ce qu’il venait chercher
et comment avaient-ils trouver la porte… Ylthanis s’avança, son armure qui
d’habitude était plutôt cachée sous sa cape et «éteinte» reluisant de mille
feux, s’adressa à ce nain en ces termes : "Nous venons chercher celle qui
rend à son porteur le calme et la sérénité, lui octroyant de surcroît
certaines connaissances elfiques, naines et draconiques. Cela étant pour le
bien de son âme et celle de la destiné de notre groupe qui est de lutter
comme l’ont fait certains de vos ancêtres et des nôtres pour la sauvegarde
de notre monde a tous"…
Le nain tout d’abord aveuglé par tant de lumière fini par reconnaître «l’ouvrage» qui se tenait devant lui et mit un genou à terre l’espace d’un souffle, et se releva aussitôt après…
"Mais savez-vous ce que cette requête implique ?" Demanda-t-il d’une voix fiévreuse. "Vous nous demandez donc de vous confier nos vies, étant liés depuis des générations par notre sang abreuvant cet artefact maudit et béni à la fois" S’exclamèrent les autres à sa suite…
Un grondement se fit entendre des profondeurs de la montagne, et tout les nains se mirent à trembler à l’unisson avec les parois… Tout le monde dans le groupe se demanda ce qui pouvait avoir autant de puissance pour faire peur à ces courageux représentants des gens de "petites tailles", reconnus pourtant pour leur amour des batailles et leur impassibilité face à la peur… Tout le monde se dirigea alors vers l’intérieur de la montagne, à la suite des nains qui semblaient rentrer non sans grands désespoirs dans leur foyer, en ayant pris soin de refermer la porte "étoile" auparavant… Rendu sur la place du "village", un enfant s’approcha de Haper et lui demanda :
- C’est toi qui viens nous sauver dis ? C’est toi qui vas le tuer ce monstre dis ?
Et là Haper vit que tout le monde le scrutait dans la communauté naine… Mais quels espoirs avaient-ils placés en lui alors qui ne savait même pas lui-même exactement ce qu’il venait chercher ? Et surtout qu’avaient-ils voulu dire par "abreuver de leur sang cet artefact" ? Il voulait comprendre mais n’osait pas poser de questions. Les réponses arrivèrent d’elles-mêmes en la présence d’une fillette tout apeurée, en pleurs qui informa tout le monde que son petit frère de 8 ans (suivant son estimation de la rationalité d’age entre nains et humains) était tombé dans la fosse aux "anciens" il y a quelques heures, ce qui correspondait avec le moment du grondement… Le groupe voulu se porter volontaire pour aller le chercher car suivant les réactions personne n’osait s’approcher de celle-ci sauf pour une occasion qui selon les regards devait être bien funeste… Mais aucun ne sembla pouvoir s’en approcher mis à part Haper qui ne se rendit compte qu’il était seul qu’une fois au bord… Alors il se décida à y aller seul, se disant que s’il avait été le seul à pouvoir venir jusque là, il devait y avoir une raison bien précise. Il devait peut être subir seul certaines épreuves pour avoir le droit de porter cet artefact que tant redoutait dans ce village…Il disparut alors à son tour dans cet énorme gouffre, hurlant comme si chacune des parcelles de chairs qui faisait son enveloppe charnelle lui était arrachée une a une, petit à petit, au fur et à mesure de sa descente dans ces "enfers".
Ce qu’il vit et endura
il n’en parla a personne. Jamais il n’aborda ce sujet ni même ne permit à
ses compagnons d’en discuter entre eux. Seul un de ceux-ci semblait le
comprendre, savoir ce qu’il avait vécu et enduré ; mais il se tu et sembla
"oublier" le sujet, comme par compassion et Haper su qu’il pouvait s’appuyer
sur celui qui avait vécu sans aucun doute apparemment bien pire que ce qu’il
avait subi l’espace de quelques jours. Quand il ressortit, flottant dans les
airs comme s’il avait des ailes d’ange avec le petit nain dans les bras, il
semblait éreinté, fatigué, lessivé, la vie ayant quasiment été extirpée de
son enveloppe charnelle, son armure n’existant que par les attaches de cuir
qui s’était "scellées" dans ses épaules… Alors un à un les adultes vinrent à
sa rencontre, se tranchant les veines au-dessus de sa "dépouille", laissant
la vie les quitter petit à petit, et au fur et a mesure qu’ils faisaient
cela Haper se voyait "recouvert" au final avec une armure qui ressemblait à
une fabuleuse et magnifique plates complètes faites de minuscules écailles
apparaissant une a une, petit a petit, au rythme d’une par vie "sacrifiée"…
Il s’exclama par la suite en ces termes :
"Cet artefact m’est apparemment destiné. En cette
époque troublée, cela me fait peur et me rassure à la fois, car d’avoir vos
vie entre mes mains en portant cette armure dont peu de grands héros se sont
révélés être dignes me fera entrevoir la piété et la plénitude que je
recherchais sans doute à la suite des malheurs que j’ai subi auparavant.
J’espère montrer ma capacité à vous faire honneur en me servant de cette
armure avec autant de ferveur que faire ce peux
Tous
ses compagnons le regardèrent. Il semblait avoir le regard empli de haine,
mais pas la même qu’il avait avant. Celle-ci semblait être de n’avoir rien
pu faire pour éviter ces sacrifices. Il semblait se sentir empli d’une force
qu’il n’avait jamais ressenti auparavant, mais surtout il se sentait
rassasié de sang, ce sang qu’il cherchait toujours et encore à avoir lors
des combats. Maintenant il le savait il ne tuerait plus par plaisir,
seulement par nécessité et à contre cœur.
Lorsque tous purent sortir de la montagne, guidés par le plus vieux des adolescents encore vivant, ils se sentirent emplis d’une envie folle de respirer cet air frais, de se rouler dans l’herbe qui poussait en contre bas de la montagne, et là, pour une fois, même Haper se joignit aux autres pour folâtrer et ils ne s’arrêtèrent que quand l’adolescent en se relevant leur dit ceci :
- Jamais je n’avais connu plaisir aussi grand. Jamais je n’avais pu voir des personnes avoir autant de plaisir à sentir le grand air, à jouer ensemble. Pour nous la vie était de toujours nous préparer à la mort… Maintenant j’ai espoir en vous et mes "filleuls" également. Que la gloire vous ouvre ses portes et jamais ne vous les referme. Portez un message d’espoir de par le monde ! Montrez qu’il y aura toujours quelqu’un pour lutter contre le mal ici bas.
Et il s’effondra, sa silhouette se dissipant et une apparition céleste se fit à sa place puis s’envola vers le ciel, perçant les ténèbres…
Les compagnons repartirent, le cœur lourd de ce qu’ils avaient vu et entendu, mais le cœur léger avec l’envie d’apporter le bonheur sur leur passage…