L'expansion des pouvoirs de Myriam
(Auteur : Ylthanis )
Après le dur combat que tout le monde dut mener face à la succube et ses
sbires les jours parurent bien calmes, trop calmes au goût de Myriam qui au
bout d'à peine trois jours commençait déjà à demander à Ylthanis de lui
apprendre à maîtriser ses pouvoirs pour ainsi être capable de se défendre
quand le moment serait venu. En aucun cas il ne devrait intervenir, elle lui
avait fait jurer, et le seul moyen pour lui d'être certain qu'elle soit
capable de vaincre cet adversaire aussi terrible qu'est une succube était
effectivement qu'il l'instruise sur ses "pouvoirs". Commença donc un long,
très long, enchaînement de journées où la patience de toutes et tous fut
mise à très rude épreuve. En effet Ylthanis devint morne, non enclin à la
pitié que ses compagnons lui connaissaient. Il devenait une machine à
enseigner comment tuer le plus vite possible toute chose ayant la faculté de
vivre, qu'elle soit animale, végétale ou même humanoïde. Le reste du groupe
commençait à prendre peur mais ils faisaient confiance au chevalier pour ne
pas risquer leurs vies. S'il agissait ainsi il devait avoir ses raisons mais
même Happer, qui pourtant avait connu le fait de n'avoir aucune pitié envers
ses ennemis, restait horrifié parfois de voir comment celui qui avait trouvé
le moyen de lui rendre son humanité terrassait ses adversaires par moment.
Le pire fut quand il décima un escadron de trolls à lui tout seul pour
montrer à Myriam comment un dragon devait se déplacer en combat face à une
horde d'adversaires, après s'être transformé en un dragon dont les écailles
semblaient non plus avoir l'éclat si parfait et joli que tous avaient
contemplé la première fois où ils le virent prendre cette forme, mais plutôt
un ton pourrissant comme si celles-ci étaient en train de dégénérer ou
qu'elles perdaient une partie d'elles - même. Mais Myriam se montrait une
parfaite élève à ce niveau. Elle réussit à vaincre elle - même un adversaire
au moins aussi puissant que celui qui l'avait auparavant mise à mal en
présence de la succube. Mais toujours elle gardait à l'esprit l'image de
cette dernière et quand elle était sur le point de "faillir" elle y
repensait et une fureur s'emparait d'elle et la rendait "invincible".
Quelques semaines après cette éprouvante épreuve, Ylthanis eut une
désagréable surprise. Il avait décidé de surprendre Myriam à l'improviste en
plein milieu de la nuit en l'attaquant, en prenant la forme d'une dracoliche
montée par la succube (usant alors d'un sort d'illusion majeure) pour voir
ainsi si elle avait bien assimilé tout ce qu'il lui avait appris face à une
situation de stress. Elle réagit avec une telle promptitude et se transforma
en dragon avec une telle vivacité qu'Ylthanis eut à peine le temps de
s'envoler dans le ciel pour échapper au premier souffle glacial qu'elle
projeta (elle lui montra ainsi qu'elle venait de "découvrir" ce type de
souffle et qu'elle le maîtrisait, alors qu'elle n'y avait jamais réussi
quand il avait chercher à le lui montrer). Le problème fut qu'elle ne fit en
aucun cas attention au fait qu'elle emprisonna ses autres compagnons dans
une enveloppe de froid qui aurait du les tuer en quelques instants si un air
chaud ne s'était pas répandu très vite par la suite. Ylthanis avait réagi
assez rapidement, mais le temps qu'il prit à les sauver lui fit oublier
Myriam qui, ayant pris de l'altitude, fondit sur lui tel un rapace sur sa
proie et elle le projeta au sol avec une telle violence que n'importe quel
autre dragon aurait été littéralement tué sur le coup. Ce n'est que quand il
décida de brandir le morceau de médaillon qu'elle lui avait offert en
reprenant sa forme originelle qu'elle se calma, mais elle gardait quand même
dans le regard quelque chose de glacial. Elle s'était rendu compte qu'elle
avait réussi à mettre à mal son "maître", qu'il avait du reprendre une forme
"amie" pour qu'elle se calme. Elle aima cette sensation, lui moins. Elle
aurait du être capable de se contrôler, peut-être les soupçons de BAHAMUT
vis à vis d'elle était fondés... Peut-être avait-il était trop sûr de lui et
avait-il été assez présomptueux pour croire qu'il réussirait à réellement
réchauffer ce coeur glacial alors qu'elle venait de lui montrer qu'à cause
de l'affrontement avec la succube et l'affront qu'elle avait subi ce côté
glacial était en train de prendre le dessus. Il devait réussir à la ramener
sur le droit chemin. Elle ne devait pas pencher trop souvent du côté de la
colère, elle ne devait pas... Sinon il risquait de la perdre... Il avait
déjà fait l'erreur de lui avouer un amour qu'il n'aurait jamais du nourrir,
il avait mis en péril beaucoup de monde à cause de ça, il avait mis en route
un compte à rebours qui allait réveiller une âme qui aurait du garder le
repos éternel... Serait-il capable d'affronter le courroux de celle ci ? Car
elle viendra ça il en était sûr. La malédiction était claire là-dessus.
Les jours suivants furent on ne peut plus mouvementés. Les aventuriers
rencontrèrent de plus en plus souvent des escadrons de morts-vivant ou bien
de goblinoïdes voir de démons parfois. Ils approchaient de l'épicentre du
grand mal ça ne faisait plus aucun doute, mais il restait une chose que le
groupe devait trouver pour que la "prophétie" soit sur le point de se
réaliser. Myriam devait trouver TUE-LOIN, cet arc sans corde aux milles
couleurs, rendant son détenteur capable de terrasser ses adversaires à un
kilomètre de distance avec des flèches explosives, corrosives, empoisonnées,
voire des éclairs, mais surtout capable de lancer des flèches de "vie", ces
flèches aux pouvoirs destructeurs sur tout les morts-vivant et les démons.
Mais celui ci restait muet à l'esprit de Myriam, il ne l'apellait pas comme
les autres armes avaient fait avec leurs possesseurs actuels, et même si
Ylthanis menait la troupe vers l'arc, cela inquiétait quand même l'elfe de
glace de ne pas avoir de contact télépathique avec son "arme". Elle ne
comprit que trop tardivement le pourquoi de l'absence de celui-ci.
Un soir qui paraissait si paisible pour les compagnons vint s'avérer être le
pire. Le chevalier elfique sembla être terrassé par une attaque foudroyante.
Deika n'arriva pas à le ranimer même avec l'aide d'elfin's sword. Tout le
monde le crut mort, sauf Myriam qui sentait son médaillon vibrer à l'unisson
avec le sien. Elle les rassura donc en leur apprenant cela, mais le problème
fut qu'ils ne pouvaient rester ici, complètement à découvert, en plein
milieu d'une plaine avec aucun moyen de se cacher ou endroits stratégiques
pour pouvoir se défendre en ayant un compagnon "absent" qu'il fallait
défendre. A l'accord général tout le monde se relaya pour le porter le temps
de trouver un endroit plus adéquat pour s'arrêter. Ce n'est qu'au bout de
quelques heures qu'ils finirent par trouver une énorme grotte (sans doute
l'ancien antre d'un dragon aux dires de Myriam qui ne sentait pas sa
présence) qu'ils commencèrent à investir dans le plus grand silence et
surtout dans l'obscurité la plus complète, personne n'ayant de quoi allumer
une torche (d'habitude Ylthanis s'occupait de fournir la lumière. Deadelus
n'avait pas appris son sort de lumière ce matin et cela lui demanderait un
peu de temps pour le lancer directement à partir de son livre de sort). Tout
le monde partit à s'occuper à installer une partie du campement et ce ne fut
que quand Deadelus put enfin faire poindre la lumière dans la grotte que
tout le monde resta bouche bée devant l'énorme fresque qui ornait les murs.
Elle racontait la vie d'un chevalier elfique qui, par le passé, partit en
croisade envers la gent draconique, ayant juré de l'exterminer pour venger
sa bien-aimée qui fut engloutie vivante devant ses yeux par le plus grand
des dragons vert connu à cette époque. Mais une large partie de la fresque
ne semblait pas avoir survécu aux attaques du temps et seul le début était
encore "lisible" et à la rigueur une infime partie de la fin, expliquant que
le grand seigneur draconique lui-même vint dans cette grotte pour tendre un
piège à ce pourfendeur de grand ver, mais personne ne réussit à déchiffrer
le reste de cette fresque qui pourtant leur rappelait quelque chose. Le plus
important étant quand même de comprendre ce qui était arrivé à leur
compagnon et de réussir a lui faire reprendre conscience.
Plusieurs jours passèrent sans aucun changement positif dans l'état
d'Ylthanis. Cela commençait à inquiéter les autres d'ailleurs. Rien n'avait
laissé présager cette attaque et le fait que son visage commença à se
décomposer par moment pour se recomposer par la suite avait un petit quelque
chose de plutôt pas très rassurant qui faisait que ses compagnons se
relayaient pour être à son chevet, non pas pour pouvoir aller dormir à tour
de rôle ou monter la garde mais plutôt pour s'éloigner un peu de ce qu'ils
ne comprenaient pas. En fait seule Myriam ressentait quelque chose quand
elle était à ses côtés. Elle ressentait quelque chose à travers le
médaillon, d'abord ce fut beaucoup d'amour, de compassion puis ce fut
endormement de chagrin, d'amertume, de violence, ensuite ce fut une très
longue période où aucun réel sentiment ne semblait se faire sentir, et pour
finir ce fut une résurgence d'amour et de crainte. Myriam commençait à
comprendre, et à faire le rapport entre le chevalier, la vie qu'il lui avait
décrite avoir vécu et ce qu'elle avait ressenti émanant du médaillon. Son
compagnon était en train de revivre sa "vie", il y avait eu quelque chose
qui avait déclenché cet état cataleptique, mais qu'est ce que ça pouvait
bien être ? Pourquoi maintenant alors qu'ils approchaient tous du but, de la
source du grand mal ? Pourquoi cela devait se passer et qu'est ce qu'il
devait advenir de lui ? Elle aimait bien tout comprendre et tout savoir,
alors elle chercha à sonder à travers le médaillon, et ce qu'elle vit lui
fit peur, puis elle comprit que cette fresque (enfin ce qu'il en restait)
était en fait "son" histoire, l'histoire du chevalier elfique errant,
expliquant pourquoi il devint ce qu'il est, et comment il le devint. Si
seulement elle n'avait pas été effacée par le temps, et là elle réalisa
qu'il était encore bien plus vieux qu'elle ne l'avait imaginé, mais quel
était donc le secret de cette fresque ? Elle alla réveiller Deadelus, lui
expliqua qu'il devait par n'importe quel moyen réussir à restaurer la
fresque, car en fait c'était le fait d'approcher de cette grotte qui avait
été "fatal" à Ylthanis et que cette fresque était autre que son histoire.
S'ils voulaient le sauver il leur fallait savoir ce qui s'était passé. Le
magicien expliqua aux autres qu'il n'existait qu'un seul moyen de réussir ce
que Myriam demandait, ce qui allait demander beaucoup de ressources
psychiques, et qu'il aurait certainement besoin de l'aide arcanique que
Myriam pourrait lui apporter laissant alors deux membres de plus de la
compagnie hors d'état pour au moins trois à quatre jours (il avait trouver
un très vieux sortilège dans la bibliothèque de MAGIC SOLSTICE concernant
les restaurations d'ouvrages alors qu'il cherchait un tout autre type de
sort. Comme si un parchemin avait été glissédans le livre qu'il lisait sans
qu'il s'en rende compte. D'ailleurs maintenant qu'il y repensait, comme si
quelqu'un avait prévu qu'il en aurait besoin un jours). A l'unisson tout le
monde décida que le plus tôt serait le mieux. Ainsi le sortilège commença à
être invoqué et au bout de plusieurs heures éreintantes, tant pour lui que
pour Myriam, Deadelus restaura la fresque et là se déroula devant les yeux
ébahis de ceux qui étaient restés conscient, la vie du chevalier. Ils
comprirent très vite les raisons de la folie qui l'avait envahi et la
provenance de toutes ses connaissances et pouvoirs qu'il acquit au fur et à
mesure de ses victoires sur les dragons qu'il extermina sans aucune
distinction de couleurs ou d'appartenance au "bien" ou au "mal". Puis vint
le "piège" et la semi victoire du seigneur des dragons avec l'utilisation
d'un sortilège aussi puissant qu'ancien mais qui comportait un inconvénient
qui bien entendu n'était pas cité au grand espoir des "lecteurs". Et ce fut
enfin après un parlement de dragons l'apparition du chevalier tel qu'ils le
connurent, avec sa malédiction, mais certains détails semblaient bien
écourtés, surtout sur la fin de la fresque concernant la victoire du
seigneur draconique, l'inconvénient du sort et surtout quelle était la
réelle teneur de la "malédiction" qui pèserait alors sur Ylthanis.
C'est à l'instant précis où tous eurent fini de déchiffrer les murs que la
succube fit son apparition, invoquant plusieurs centaines de squelettes et
de démons qui se jetèrent directement sur les compagnons. Là ça allait être
très serré. Ylthanis n'était toujours pas réveillé, Deadelus incapable de
lancer le moindre sort et Myriam était plus ou moins inconsciente. Mais
plutôt que de se jeter dans la mêlée avec ses troupes, elle prit le temps de
regarder la fresque et après l'avoir bien regardé elle s'approcha d'Ylthanis
et, en s'adressant aux compagnons, annonça qu'elle avait besoin du sang du
chevalier pour un rituel qu'elle avait découvert dans l'espoir de le vaincre
et qui s'était avéré être capable de la rendre invincible. Elle prit alors
le corps inerte et disparut avec. Les squelettes ne firent pas long feu
quand Myriam s'emporta en prenant sur ses forces intérieures suite à
l'apparition de la succube et les démons avaient fort à faire avec le reste
de la troupe. Mais ils avaient rempli leur office, permettre à leur
maîtresse de prendre ce qu'elle était venu chercher. Il leur fallait
maintenant en plus de réussir à faire reprendre conscience au chevalier, le
retrouver et empêcher cette démone d'accomplir son rituel "mortuaire".
Myriam se révéla parfaite pour cela. Elle se sentait prête à l'affronter
mano à mano et elle commença à la traquer, suivant les pulsions que lui
envoyait le médaillon de son bien aimé...