La traque et la découverte de l'arc "Tue Loin"
(Auteur : Ylthanis )
Suite à la découverte de l’histoire du
chevalier et de son enlèvement par la succube le groupe se lança dans une
poursuite effrénée contre la mort menée de front par Myriam qui était encore
plus déchaînée qu’à l’habituel. Elle ne laissait aucun repos à ses
compagnons, aucunes attentions ou encouragements d’aucune sorte. Ils
devaient suivre ou abandonner. La vie d’Ylthanis était en jeu (mais n’était
ce pas plutôt son amour propre et son honneur qu’elle désirait laver avant
toute chose ? elle ne savait plus.) et les effluves qu’elle ressentait via
le médaillon étaient de plus en plus faibles. Il fallait absolument définir
au plus vite où cette satanée succube était parti se cacher pour faire son
rituel. Les combats aidant, parfois elle oubliait un peu sa rage et
s’abandonnait quelques instants à la fatigue, mais jamais très longtemps. Les compagnons durent passer plusieurs jours sans manger,
à boire à peine
quelques gorgées en courant derrière elle, pour finir par la trouver
perplexe face à un petit diablotin qui avait un parchemin tendu vers elle.
Qui pouvait bien l’envoyer ? Et qu’apportait il surtout ? Que disait ce
parchemin ? Elle lui arracha des griffes au bout de quelques instants,
déchira le sceau qui le liait et commença à parcourir les lignes écrites avec
du sang. Elle commença à sourire et dit au diablotin que son maître ne
serait pas déçu. Tous se regardèrent et commencèrent à prendre peur. Elle
s’égarait là ! Elle se retourna vers eux et leur annonça que la succube
avait un ennemi bien placé dans le premier cercle démoniaque. Que celui-ci
apparemment ne pouvait agir directement mais qu’il leur fournissait le moyen
d’accéder à une partie des neuf enfers où était retenu captif leur compagnon
inconscient. Piège ou pas il leur fallait tenter le coup. C’était la seule
réelle piste qu’ils avaient. Le diablotin s’ouvrit alors les veines et de sa
carcasse commença à se former un portail dimensionnel. Tous s’engouffrèrent
dedans, Myriam ayant bondi dedans au début de son ouverture.
Rendu de l’autre côté ils ne furent pas agréablement accueillis pourra t’on
dire. Pas moins de 9 bahelzorn guerriers et de 4 mages démoniaques se
tenaient devant la seule porte qui se proposait à eux. Le combat s’entama à
peine que Myriam commença à faire craquer le sol sous le poids du dragon
dont elle venait de prendre l’apparence en un rien de temps (elle commençait
réellement à bien maîtriser cette métamorphose et cela lui demandait de
moins en moins d’effort). Les mages surpris dans leur incantation par un
souffle de glace n’eurent que le temps de hurler avant de finir déchirer en
lambeaux de glace, les guerriers s’étant abrités tant bien que mal derrière
leur bouclier. Seul 3 survécurent au souffle… pas pour longtemps... Haper et
furet les occirent avant même qu’ils reprennent complètement conscience. Derrière la porte aucun bruit ne se faisaient entendre.
Même Myriam en se
concentrant à fond n’entendait rien. Cela était bizarre. Soit il n’y avait
personne. Soit il n’y avait RIEN. Dans les enfers normalement il y a
toujours un bruit de flammes ambiant sinon des cris et autres hurlements de
douleurs... Jamais le silence… Deadelus commença une petite incantation et
scruta la porte. Aucun sortilège maléfique ne semblait la protéger. Haper
l’ouvrit. Myriam s’engouffra dans l’ouverture béante et à sa grande surprise
elle vit le chevalier sur un autel, complètement conscient mais
incapable de bouger. Son armure normalement rutilante se ternissait à vue
d’œil, commençant même par endroit à montrer des signe de pourrissement.
Elle voulut s’approcher de lui mais un écran semblait l’en empêcher. Elle
scruta les ténèbres ambiantes puis finit par déceler une présence de l’autre
côté de la salle. La lumière se faisant petit à petit au fur et à mesure
que Deadelus entrait dans la pièce qui paraissait être assez immense pour
permettre à une réunion de dragon de se tenir.
"Alors comme ça vous m’avez trouvé ! Je me doute que vous n’avez pas été
assez intelligents pour parvenir ici par vous-même... Et surtout pas aussi
vite... Le traître qui vous a aidés sera puni en temps et en heure, qu’il me
fasse confiance... Le rituel est déjà commencé et maintenant rien ni
personne ne pourra m’empêcher de prendre l’immortalité et les pouvoirs de
cette incarnation déictique" lança la succube qui commençait à
s’auréoler
de milles feux, une armure d’écailles draconiques commençait à apparaître
également.
Myriam s’élança en commençant à se transformer, entendant Deadelus incanter une formule d’ante magie qui lui permit alors de pénétrer le mur qui l’avait bloqué auparavant et d’avancer dans la zone de magie impure que la succube avait sans aucun doute créé à l’intention de Myriam. Il lui fallait rester concentré s’il voulait qu’elle puisse rester maître de ses mouvements dans une telle aura. Il ne pourrait être d’aucune autre utilité à qui que ce soit du coup. Deika partait déjà vers Ylthanis pour tenter de garder sa vie en lui car cela se voyait sur ses traits changeants que la vie commençait à le quitter. Furet et Haper se mirent de chaque côté de Deika pour lui permettre d’accéder à l’autel, des flots de morts-vivants et de démons se dressant sur son passage au fur et à mesure de sa progression. Sniper quant à lui étudiait la pièce. Quelque chose devait pouvoir être fait pour enrayer ce rituel. Il découvrit dans les parois de la pièce comme des petites stalactites horizontales qui semblaient tous être dirigés vers l’autel et d’où émanait une légère teinte multicolore. Il entreprit alors de les faire tout simplement exploser un par un.
Myriam ayant fini sa transformation commença l’assaut par un souffle glacial
sur le succube qui ne fit aucun geste pour l’éviter. Myriam aurait du se
méfier en la voyant attendre patiemment l’assaut. Les effluves glaciales
semblèrent s’engouffrer dans quelque chose que la succube portait autour du
cou et Myriam se sentit engourdie un instant. Elle venait de recevoir de
plein fouet son propre souffle !!! La succube en ricanant découvrit la moitié de
pendentif qu’elle avait pris à son captif après l’avoir bien immobilisé sur
l’autel. De cette façon comment pourrait elle se faire prendre au dépourvu
par celle qui déjà ne pouvait pas faire grand mal à son amant et qui
maintenant subissait elle-même ses propres attaques ? Myriam lui asséna un
coup de pattes qui aurait du l’éventrer et ressentit aussitôt une vive
douleur dans le flanc. Une énorme plaie béante venait de s’ouvrir. C’était
un cauchemar ! Il fallait qu’elle trouve quelque chose. Elle ne pouvait
pas s’avouer vaincue devant celle qu’elle voulait faire souffrir par-dessus
tout. Et là ses compagnons ne pouvaient pas lui procurer la moindre aide. Deadelus était rendu à devoir se protéger dans une bulle de force des
assauts de plusieurs démons en tentant de rester concentrer sur le sort de «liberté» qu’il avait incanté sur elle. Deika
et ses deux gardes du corps avançaient péniblement vers le corps d’où
s’échappait la vie du chevalier et
Sniper commençait à devoir placer ses bombes en évitant des boules de feu
venant de mages squelettes. La situation commençait à craindre sérieusement et tout
à coup elle pensa à ce qu’Ylthanis avait ressenti
la fois où elle s’était blessée elle-même. Jamais elle ne l’avait entendu
hurler comme ça et jamais elle n’avait vu sur son faciès une telle grimace
de douleur. Elle tenta alors le tout pour le tout. Ses postérieures
commencèrent à déchirer son ventre, ses antérieures faisant de larges
entailles dans son cou écailleux. Elle souffrait atrocement mais quand elle
vit la douleur et les plaies se dessiner au fur et à mesure qu’elle les
faisait sur la succube elle jubilait tellement qu’elle en oublia ses propres
douleurs. Elle finit alors par se donner le coup de grâce en prenant son
propre cœur dans une de ses pattes et en le broyant littéralement, faisant
ainsi sombrer dans une mort inéluctable la succube qui n’avait pas eu le
temps de réagir et d’enlever le médaillon d’autour de son cou. Elle ferma
alors les yeux... contente d’elle-même... Elle avait vaincu celle qu’elle
voulait. Elle avait eu sa vengeance. Peu en importait le prix !
A la mort de la succube les morts-vivants et démons disparurent en un clin
d’œil. Deika apposa au plus vite ses mains guérisseuses sur le corps à
peine vivant d’Ylthanis puis, dégainant son épée pour avoir encore plus de
capacités curatives, elle commença à se concentrer sur lui. Mais rien n’y
faisait. Il était en train de partir. Il fallait réussir à faire en sorte
qu’il récupère sa vitalité volée. Le peu qui lui en restait le maintenait
en vie, mais pour combien de temps ? Sniper continua son travail de
destruction, pensant que de toute façon un mal pour un bien de détruire ce
qui avait pompé une essence vitale ne devait jamais continuer à exister.
Bien lui en prit. Au fur et à mesure qu’il faisait cela une aura commençait
à se former au dessus de l’autel comme si ce qui avait été pris revenait à
son point d’origine. Mais pourquoi les effluves ne regagnaient pas le corps
de l’elfe ? Et là Deadelus comprit. Si le chevalier refusait de les
reprendre, s’il voulait mourir pour rejoindre sa bien aimée ? Il appela Deika et lui dit de soigner au plus vite Myriam qui avait repris une forme
elfique dans un tel état que seul un miracle pourrait la sauver. Haper
s’étant dirigé vers la succube, attendant patiemment que Deika soit sur
Myriam pour lui enlever le pendentif d’un coup de dague rapide juste un
instant avant que Furet fasse une décapitation nette et précise. Myriam
commença à reprendre des couleurs, ses plaies se refermant. Elle avait eu
très chaud. Et pour une glaciale ce n’était pas peu dire. Une fois en pleine
possession de ses moyens elle remercia ses compagnons d’avoir su faire les
bonnes choses au bon moment. Que cette fois-ci ça avait vraiment été un
travail de groupe. Ylthanis n’ayant pas été là pour les superviser. Puis
elle s’approcha de l’autel et, sentant que l’être qui y était allongé était
en train de se laisser partir, elle commença à lui donner des coups.
"Tu ne dois pas partir comme ça ! J’ai encore besoin de toi ! C’est pour
toi qu’on est venu ! Tu nous dois de rester en vie et non pas nous
abandonner comme tu es en train de le faire ! Je sais maintenant ce que tu
as vécu. Je sais combien ce fut rude pour toi. Je l’ai senti pendant ta
catatonie dans la grotte. Ton âme doit survivre et ton corps rester en vie
! " Hurla t elle.
Pour toute réponse elle vit s’élever le reste de luminescence du corps d’Ylthanis, qui partit se mélanger à ce qui stagnait au-dessus de lui et ce qui arrivait petit à petit du corps sans vie de la succube. L’armure d’écaille se décomposa totalement, laissant la place à un squelette décrépi. L’aura qui s'était alors formé se dirigea vers le sac à dos de l’elfe, s’engouffra dedans et le fit exploser en faisant se matérialiser un superbe arc flamboyant à partir des cendres de l’arc de sa mère, sans corde, qui vint s’accrocher dans le dos de Myriam. Elle le prit et le jeta à terre. "Non ! Je ne veux pas de cet arc ! Pas dans ces circonstances !"
Mais inlassablement il revenait s’ancrer dans son dos.
"il" avait trouvé le moyen de veiller sur elle en toutes circonstances.
Maintenant à elle d’apprendre à se servir de ce qui lui était destiné depuis
le début. L’arc fait à partir de l’âme de l’immortel draconelfique. Elle
comprit pourquoi elle ne sentait pas son appel comme les autres avait
ressenti le leur envers leur artefact. Il n’était pas encore "créé" !
Le groupe repartit à la surface, le squelette de leur compagnon s’étant
désagrégé en poussière qui avait alors été emporté par un souffle d’air
chaud avant même que quiconque ait eu le temps de faire quoi que ce soit
après que "Tue loin" se soit matérialisé, un grand pincement au cœur.