Et pendant ce temps là...
(Auteurs : Athos - Bargo - Gilgamesh )
Pendant ce temps là, un jeune aventurier solitaire, rejeté par les humains et par les elfes, pour le fait de n'appartenir qu'à moitié à chacune des cultures, traîne ses guêtres dans le village qu'il avait rallié durant la nuit... (L'obscurité était son alliée, lui permettant de dissimuler les signes extérieurs prouvant ses origines mixtes).
C'est alors que le jeune aventurier en question tombe nez à nez, avec une Elfe, au détour d'un petit chemin sombre mais néanmoins légèrement éclairé par une lune blafarde.
Ce dont cet
aventurier ne se souvient pas, c'est que les Elfes voient aussi bien le jour
que la nuit, et son sang-mêlé n'échappe pas à l'Elfe...
- Alors comme ça on se balade si tard le soir ? Voilà
qui n'est pas très prudent étranger !... Surtout lorsqu'on ne bénéfice
d'aucun soutien... Où vas-tu ?
S'abritant sous sa capuche, Bargo rendu méfiant par
de trop nombreuses déconvenues, observe son interlocutrice.
- Je vais où ma lame me fait vivre... J'ai tout le soutien qu'il me faut (en disant cela, ses yeux s'illuminèrent de bleu l'espace d'un instant, et il posa sa main sur le pommeau d'une lame elfique discrètement placée sous sa cape à son flanc droit). Auriez vous besoin d'une lame ?... J'ai flairé l'odeur du sang depuis trois lieues, c'est d'ailleurs ce qui m'a poussé à venir ici...
- Serais-tu donc un mercenaire ? Tes manières d'humain sont trahies par ton sang elfe... dommage que ce ne soit pas l'inverse ! Une lame ? Non, pas vraiment ! J'ai pris l'habitude de me débrouiller seule et les humains ne m'inspirent aucune confiance... Ceci dit, plutôt que de errer seul chacun de notre côté, nous pourrions peut-être faire un bout de chemin ensemble... J'ai repéré un petit groupe assez étrange, des guerriers apparemment, un peu farfelus.... Je ne sais pas ce qu'ils veulent, ils ne sont pas du coin... restons prudents !
En attendant, je vous propose de vous reposer, vous semblez extenué. Si les auberges locales ne vous conviennent guère, vous pouvez toujours venir avec moi à la sortie du village. Il y a une grange abandonnée, mais pleine de foin... ce sera toujours mieux que de dormir sur les pavés.
Personne ne s'était jamais soucié de l'état de santé de Bargo, encore moins les elfes qui préféraient l'ignorer, aussi la sollicitude de la charmante elfe toucha cet aventurier solitaire...
- Je vous pris (avec un port de tête elfique) ma Dame de pardonner mes manières, trop de solitude ont eu raison de mes manières. Je suis effectivement rompu de fatigue, mon sang mêlé ne m'a accordé que la moitié de votre résistance (baisse la tête, réalisant que pour la première fois il parlait librement de la cause de tous ses maux). (Hésitant) :
- J'accepte avec joie l'abri d'une grange.
Courbette assez maladroite, ne sachant pas si celle-ci est un héritage sylvestre ou humain... faisant signe à l'elfe de le précéder :
- Parle-moi de ce groupe... Au Fait, je me prénomme Bargo, et oui, il m'arrive de vendre ma lame pour des causes nobles et justes.
Ils se dirigèrent donc vers cette grange, tout en discutant !
- Et bien, concernant ce groupe, j'ai pu distinguer un Nain, un Vampire, une Louve, un Troll et un guerrier lourdement armé... je suis restée à l'écart, car un dragon volait à leur coté et j'ai eu peur qu'il ne me sente. Je suis bonne archère... mais je préfère éviter les dragons...
Arrivés à l'ancienne étable, un hennissement les
accueillit. L'Elfe entra et se dirigea vers l'animal. Bargo, voyant un objet
pointu, reflété par la lueur de l'astre de la nuit, mit la main au fourreau.
- Du calme, ce n'est qu'une licorne ! Elle nous sera bien utile pour continuer notre route.
Ils confectionnèrent alors deux couches douillettes.
Bargo s'endormit rapidement, pendant que l'Elfe, allongée sur la paille,
scrutait le ciel illuminé d'étoiles...
Dès l'aube, les deux inconnus de la veille se mirent en route à dos de licorne. Ils franchirent les portes du village, à la fois inquiets et excités de ce qu’ils allaient découvrir dans cette contrée qui leur était inconnue.
L'Elfe, qui ne s'était encore pas présentée, s'adressa à son compagnon :
- Je me nomme Athos, je suis une Elfe Sylvestre, et j'ai fui ma communauté après que des Orcs nous aient lâchement attaqués. Ils ont profité que la majorité de nos archers étaient sortis chasser pour lancer leur assaut. Nous nous sommes courageusement défendus, mais la fuite fut notre seul salut. Depuis, je ne rêve que de vengeance...Vous m'aviez dit hier que c'était l'odeur du sang qui vous a amené ici. Nous devrions rester sur nos gardes, la présence des guerriers n'est peut-être pas étrangère à tout cela et j'ignore leurs intentions.
Les environs étaient désertiques. Seuls quelques
arbres poussaient ici et là, tordus, frêles... On aurait dit des squelettes
carbonisés tant ils étaient dénués de feuille et leur écorce, noire.
La terre argileuse, jaune, donnait à ce paysage aux allures macabres une ambiance lugubre et inquiétante. Et ceci à perte de vue...
- J'espère que vous savez où vous allez, Bargo. Conclut l'Elfe...
Après une nuit sans
rêve, Bargo, dès son réveil fut plongé dans un océan de perplexité... La
jeune elfe qui refusait de se présenter avait fait preuve de tant
d'attention à son égard, que toutes ses références, ses certitudes en
étaient bouleversées.
Ce levé du soleil paraissait être son premier, la
nature même, chétive, voire hostile lui paraissait empreinte d'un éclat,
d'une chaleur nouvelle.
Athos, car l'elfe maintenant s'était présentée avait
même partagé sa noble monture.
Elle raconta comment des orcs étaient à l'origine de
son isolement... Ils étaient bien loin des régions sylvestres
septentrionales aussi pouvait-il imaginer la longue errance, les souffrances
endurées, la solitude... Ce sentiment le rapprocha encore plus de l'elfe. Il
réalisa alors que sa vie venait définitivement de changer, que les dogmes
qu’il s’était approprié ne reflétaient pas toute la réalité. Les facettes
nouvelles de l'existence qu'il entrevoyait le remplissaient d'une énergie
que chaque "clap" des sabots de la licorne sur le sol rocailleux semblaient
renforcer.
La vie lui souriait, pleine de l'espoir, d'aventures
palpitantes.
Non, il ne serait plus un mercenaire, mais pour
Athos, pour laquelle un sentiment protecteur grandissait, il était prêt à
éradiquer la race orc de la surface du monde...
- Je suis intrigué par la description que vous faites de ce groupe de guerriers si disparate. Je pense effectivement que la plus grande prudence s'impose.
Après avoir marché quelques kilomètres sous un soleil sans nuage, Athos fit arrêter sa licorne et scruta les alentours.
- Que se passe-t-il ? Demanda Bargo.
- Je ne sais pas ! Quelque chose ne va pas. J'ai la désagréable impression d'être observée.
L'Elfe remit sa monture au pas. Le paysage, au fur et
à mesure de leur chevauchée, semblait changer. Les quelques rares arbres
avaient disparu. La terre était noire et chaude. Une odeur lourde semblait
en émaner. Les deux compagnons s'arrêtèrent à nouveau.
- Je n'irai pas plus loin sans savoir ce qu'il y a là-bas. J'entends des sons qui ne me paraissent pas humains. En revanche, je ne vois rien. Mais je suis sûre qu'il y a des choses sur cette contrée. Bargo, où alliez-vous lorsque nous nous sommes rencontrés ? Savez-vous ce qu'il y a ici ?
- J'ai toujours su flairer le danger, la peur et le sang. Cette contrée dégage les trois... J'ai bien essayé de me renseigner sur ce pays, mais la seule allusion à la région n'a provoqué qu'effroi à ceux que j'ai interrogé. C'est d'ailleurs ce qui m'a attiré ici. Pour tout vous dire, je n'avais pas remarqué le changement du paysage, mais cette terre transpire la mort et la désolation. Un lourd secret pèse sur cette région mutilée entre toute.
Après un long silence, la licorne et nos deux
compagnons se sentirent bien isolés dans cette immensité hostile. Le sol
rocailleux ne permettait pas de suivre une piste.
- Le village qui nous a hébergé cette nuit semble la dernière trace d'humanité de la région, pourtant...
Bargo d'un mouvement discret glissa sa main gauche sous sa cape qui masquait la garde de sa lame.
- Vous aussi vous sentez cette présence ?
Le bruit, un murmure, une sorte de plainte formée par
une gorge mutilée, se fit plus présent. Athos doucement décrocha son arc et
empenna une flèche avec une agilité surprenante.
Les yeux avisés d'Athos se fixèrent sur une forme vaguement humaine. L'Elfe hésita un moment "si c'était un humain!".
Mais très vite, les deux compagnons s'aperçurent que ce qui les guettait depuis quelques temps déjà n'avait plus rien d'humain. Non, cela ressemblait plus à un zombie, marchant de guingois, émettant des sons gutturaux à faire trembler d'effroi le plus courageux guerrier. Le coeur de l'Elfe se mit à battre plus fort, mais ses mains de tremblaient pas.
Elle décocha la flèche. En plein front. La créature s'effondra sans bruit. Bargo sortit son épée et la monture raclait rageusement le sol en s'ébrouant. Le calme revint. Un silence trop pesant les entoura.
Ce n'était pas normal. Non rien de tout cela n'était normal ! Depuis quand les morts reviennent à la vie ??? Quel esprit malfaisant et démoniaque pourrait s'amuser à lever une armée de zombies ????? Et chaque guerrier tombant au combat pouvait alimenter cette multitude.
- Où sont les autres ? Demanda l'Elfe d'une voix trahissant son angoisse.
Bargo repoussa sa lame à moitié sortie du fourreau, pointa sa main gauche, les doigts vers le sol, la paume vers le corps inanimé. Un discret rayonnement l'atteignit et il s'enflamma instantanément.
- Deux précautions
valent mieux qu'une. Les morts qui se relèvent ne me disent rien qui vaille,
renaître de ses cendres me parait chose encore plus ardue.
Athos mis sa main en visière afin de scruter
l'horizon de son regard perçant :
- Il y a à une demi lieue vers le couchant, un monticule, rendons-nous là-bas afin d'avoir une meilleure vue.
Notre elfe bondit sur la croupe de sa licorne, son
arc prêt à décocher. Bargo, avec une certaine agilité se mit à courir en
parallèle, tous sens aux aguets. A mesure qu'ils s'approchaient du
monticule, cette peur oppressante de danger sans nom les quittait peu à peu.
Athos l'avait remarqué depuis longtemps, mais à 500 toises de la butte,
Bargo remarqua que cette excroissance du relief était bien différente du
décor chaotique qui les entourait. Au centre d'un îlot d'herbe sauvage
jaunit par un vent sec, trônait un arbre autrefois majestueux, maintenant
malade, luttant vraisemblablement contre le mal qui gangrenait la région.
Les quelques feuilles vertes qu'il arborait étaient autant de défis portés
contre le reste de ce paysage agonisant.
Pendant que Athos et Bargo contemplaient ces arbres qui devaient être gigantesques, la peur de Athos et de Bargo resurgit plus forte qu'auparavant. Bargo sorti sa lame car comme Athos, il avait senti quelque chose de maléfique se réveiller. D'un coup, ils virent des choses sortir de terre. Au début il y en avait un peu, puis de plus en plus. Il s’avéra que des milliers de zombies étaient autour d'eux.
Bargo et Athos se préparèrent et combattirent pendant un temps qu'il leur paraissait infini. Alors que leur espoir tombait et qu'ils commençaient à fatiguer, arriva un dragon rouge qui cracha des flammes sur les zombies. Athos et Bargo étaient contents de voir apparaître cet animal mais espéraient ne pas rôtir comme ces zombies. C'est alors qu'un homme habillé comme un mage avec un bâton dans la main gauche et un petit dragon bleu sur son épaule gauche fit son apparition d'un coup entre eux. Bargo ne voyant que des ennemis autour de lui (à part Athos bien sûr) attaqua ces hommes bizarres mais un champ de force l'arrêta net. Pendant ce temps, l'homme mystérieux était en train de réciter une incantation et lorsqu'il eut fini, une explosion de lumière recouvrit tout le monde et les zombies tombèrent en poussière.
Malgré l'épuisement dû à ce terrible combat, Bargo continuait de tenir fermement son épée, tandis qu'Athos gardait son arc rivé sur le mage. Les trois protagonistes s'observèrent en silence, pendant que le dragon voletait au-dessus d'eux, observant Athos et Bargo de son oeil enflammé. Bargo baissa prudemment sa lame. L'Elfe jeta un coup d'oeil à son compagnon et en fit de même avec son arc.
- Merci, qui que vous soyez ! Se risqua à dire Eärinya. Nous nous sommes fait avoir comme des débutants.
Un galop plein de fougue se fit entendre et la
licorne s'arrêtant près de l'Elfe, observa farouchement le dragon. Athos se
laissa aller en s'asseyant sur une racine calcinée, encore haletante, un peu
perdue aussi, ne sachant plus trop si elle arriverait à mener sa soif de
vengeance jusqu'au bout. Combattre des Orcs est une chose, mais affronter
des cadavres vivants... c'en est une autre !
Pendant le combat, elle n'avait pas vraiment eu le
temps d'éprouver de la peur ou de l'horreur face à ces corps décomposés qui
faisaient preuve d'une grande force et d'une extraordinaire résistance. Mais
là...
Après quelques secondes où elle resta là, évasive et avec l'air légèrement hébété, elle leva les yeux sur Bargo qui s'inquiétait un peu de la voir ainsi. Il avait l'impression que la fière Elfe de la veille n'était plus qu'une ombre. Qu'à cela ne tienne ! Athos se releva d'un bond, sauta sur le dos de sa monture et dit au mage :- Voulez-vous vous joindre à nous ? Je sens que les difficultés commencent à peine.
- Il me semble que l'on suive le même chemin. Mais je me présente, je me prénomme Gilgamesh et je suis un puissant mage expert en dragon. Ce grand dragon rouge dans le ciel s'appelle Pyro et celui sur mon épaule s'appelle Azroc. Vous n'avez rien à craindre d'eux car leurs flammes ne touchent que ceux qui sont habités par le mal et je ne le lis pas en vous. Je parcours le monde pour détruire le mal. Tout à l'heure Pyro m'a averti de votre problème et quand je fus assez près de vous je me suis téléporté à vos cotés pour pouvoir faire la bénédiction des dieux qui détruit tout être mort-vivant. Vous n'avez rien n'a craindre de moi je peux vous l'assurer. Je serai ravi de faire la route avec vous mais tout d'abord je vais vous soigner.
Après quelques paroles, Athos et Bargo retrouvèrent
toutes leurs forces et leurs blessures disparurent. Leurs habits
retrouvèrent leur état neuf.
Les trois nouveaux
compagnons reprirent la route. Gilgamesh proposa à Bargo de monter sur Pyro
avec lui mais celui-ci ne lui faisait pas totalement confiance car ayant
vécu longtemps en solitaire il n'accordait pas immédiatement sa confiance.
En plus le fait de monter sur un dragon ne l'inspirait pas alors il préféra
monter avec Athos sur la licorne.
Ils traversèrent une longue lande très sèche jusqu'à
atteindre une immense montagne. Celle-ci était infranchissable pour ceux qui
ne pouvaient voler. Cependant Athos avec ses yeux perçants aperçut l'entrée
d'une mine à quelques milles de là vers l'ouest. Nos compagnons décidèrent
de prendre le chemin de la mine. Gilgamesh envoya Pyro et Azroc en éclaireur
au-delà de la montagne. Sur le chemin, ils arrivèrent dans un endroit jonché
de tombes et les trois amis sentaient une atmosphère lourde. Gilgamesh
s'approcha le premier des tombes et lorsqu'il s'approcha d'une inscription,
des morts-vivants sortirent des tombes. Athos et Bargo ne s'inquiétèrent pas
puisque leur ami mage était là et que tout à l'heure, il les avait tous tués
en un coup. Mais là Gilgamesh reculait en envoyant des boules de feu sur
certains et voyant qu'il était en difficulté, Athos et Bargo sortirent leur
arme et l'aidèrent à en finir. Après un petit moment tous les morts-vivants
étaient de nouveau morts.
Après le combat, Athos et Bargo se retournèrent vers
Gilgamesh et lui demandèrent ce qu'il lui était arrivé. Pourquoi il n'avait
pas résisté à quelques morts-vivants alors que quelques jours avant il en
avait tué des milliers en un coup ?
Gilgamesh leur avoua que sans son dragon Azroc, il n'avait plus beaucoup de pouvoir car c'était lui qui lui insufflait tout le pouvoir des dragons. Il ajouta qu'il n'avait pas senti le mal dans la région et il avait pensé qu'il ne craignait rien. Il remercia grandement ces nouveaux amis.
A ce moment, Azroc revint sur l'épaule de Gilgamesh et après avoir communiqué par la pensée. Il dit à ses amis que ses dragons n'avaient rien repéré d'anormal de l'autre côté si ce ne s'est une autre ouverture dans la montagne à peu près au même niveau de la mine que Athos avait vu.
Les compagnons se
dirigèrent prudemment vers ces deux entrées. Gilgamesh savait bien que ses
dragons devraient certainement contourner la montagne, car les deux
ouvertures étaient bien trop étroites, et cela l'inquiétait.
Athos sortit son arc, plus par réflexe que par une
réelle anxiété. Quant à Bargo, ça faisait déjà un moment qu'il avait la main
sur la garde de son épée elfique.
- Bien ! Dit Athos. On prend quelle entrée ??????
Tous se regardèrent, indécis. Si ça se trouve, les
deux mènent au même endroit! Athos se dit en elle-même " Ca promet ! Et moi
qui suis claustrophobe !
Elle se tourna vers Bargo qui, sur un coup de tête, décida qu'on prendrait l'entrée à côté de celle de la mine.
- Peut être que celle de la mine serait plus prudente... surtout qu’on n’aura pas les cracheurs de feu avec nous.
Mais Bargo était attiré par cette cavité sombre et il
y pénétra franchement. Gilgamesh et Athos se regardèrent et le suivirent. Le
mage forma une petite boule de feu dans la paume de sa main afin d'éclairer
un tant soit peu leurs pas. Pyro et Azroc ne détachèrent pas les yeux de
leur maître, et ce, jusqu'à ce que l'obscurité des ténèbres l’ait totalement
absorbé. Les dernières lueurs du jour finirent par disparaître totalement et
seule la boule de feu de Gilgamesh leur permettait de voir leur chemin. Une
pente légère semblait se dessiner sous leurs pieds. Bargo avait, cette
fois-ci sortit totalement son épée, et le mage était entouré d'une aura
bleuâtre, dont la signification et l'utilité échappaient totalement à ses
compagnons. Athos respirait fortement, ce qui n'était pas habituel, mais par
souci de discrétion, toutes les questions que chacun des compagnons se
posaient n'allaient pas plus loin que leurs pensées. Les murs oppressaient
l'Elfe. Pourtant les trois amis pouvaient sans difficulté aucune, marcher
les uns à coté des autres sans pour autant se gêner, tant le chemin s'était
élargi progressivement pour finalement garder un même écartement de parois.
La grotte était humide, et des gouttes d'eau tombaient de temps à autre sur leurs têtes, ou dans une flaque d'eau, ce qui provoquait un écho trahissant la profondeur et le dénuement de cette anfractuosité. Soudain, le pied d'Athos marcha sur quelque chose de dur, en provoquant un craquement sinistre. L'archère poussa un petit cri de surprise, trahissant son angoisse. Gil abaissa sa boule et ils découvrirent les restes de ce qui semblaient être un lapin. Athos, avec une petite grimace de dégoût, retira prudemment son pied, comme si le crâne fracassé pouvait encore le lui mordre !
- Et bien, soit cette bestiole s'est perdue là-dedans, soit nous ne sommes pas seuls ici ! En conclu Bargo.
Et nos trois compagnons reprirent leur route, encore
plus prudemment qu'auparavant. Tous étaient attentifs au moindre bruit ou
mouvement anormal. Mais Gil et Bargo se doutaient bien qu'en matière de
bruit, c'est certainement Athos qui donnerait l'alerte en premier.
Bargo avait raison ils n'étaient pas seuls, une présence surveillait leur moindre mouvement... et étudiait leur moindre réaction.....
Bargo, perpétuellement torturé par ses démons, avait depuis la rencontre de la charmante elfe, du sérieusement modérer ses préjugés envers la race sylvestre. L'intervention salvatrice de l'archi-mage Gilgamesh, totalement gratuite, avait achevé ses aprioris envers les humains. Lui, issu d'une union impossible, pouvait avoir des relations normales avec des représentants de chacune de ces races...
Gilgamesh intimidait
et impressionnait Bargo, par ses pouvoirs sans limite et ses compagnons
ailés. Cet homme mystérieux avait néanmoins manifesté le désir d'accompagner
le duo. Au fil du chemin qui les avait conduit à la montagne, le nouvel
élément, par sa simplicité avait su séduire Athos et Bargo...
Les faiblesses de Gil, sans ses dragons avait un peu
réconforté Bargo qui se sentait bien inutile en compagnie d'un homme si
puissant. Le fait que Gil partage son talon d'Achille avec ses deux
compagnons avait fini de sceller leur union. L'elfe, l'humain et le demi
elfe avaient un avenir plein de promesses. Le trio était né...
Depuis plusieurs mois, depuis en fait la rencontre (c'est ainsi que Bargo aimait se le rappeler) entre Bargo et Filâme, sa lame elfique, dans des circonstances bien particulières, notre aventurier avait l'impression qu'il ne contrôlait plus tout à fait son destin. Chaque étape qui avait suivi, semblait pousser Bargo vers ce village perdu, puis la rencontre d'Athos, cette attirance vers l'arbre séculaire, puis la rencontre de Gil.
En y repensant, depuis Filâme (il ne savait pas pourquoi il l'appelait comme cela, mais ne l'aurait pas appelé autrement...), il n'avait plus vraiment l'impression d'être seul, une présence l'occupait.
Cela, après réflexion, lui semblait normal, Athos avait un compagnon mythique, aux pouvoirs certainement surprenants, Gil avait ses cracheurs de feu, lui avait Filâme (cela paraissait bien peu de chose en comparaison, mais la vie lui apprenait à ne pas juger trop vite...)
Celle-ci se
manifestait peu souvent, mais ne le faisait que dans les moments
déterminants. Cette manifestation n'avait jamais été faite avec autant
d'acuité que lors du choix du chemin au pied de la montagne. C'était comme
si la vue de Bargo s'était brouillée pour ne voir que dans des reflets de
rouge intense où le mot DANGER transpirait, la première voie repérée par
Gil. Le passage un peu plus haut, plus escarpé et discret, que le regard vif
d'Athos avait repéré, suintait également le danger, mais sans commune mesure
avec l'autre voie.
Ne pouvant pas expliquer à ses compagnons ce qu'il ne
comprenait pas tout à fait lui même, c'est avec une attitude péremptoire
qu'il se dirigea vers la deuxième entrée.
Gil devait se
défaire momentanément de ses deux compagnons, et il se sentait désemparé.
Athos comprenant cela, et dotée des sens aigus de sa race, l'arc à la main,
pris la tête du trio. Bargo fermant la marche.
Bargo, d'instinct, sortit Filâme de son fourreau, sa
vue fut transformée comme s'il voyait au travers des verres colorés de
l'alchimiste de Darshiva, la plus grande ville qu'il ait pu visiter. La
sensation était très particulière, des volutes de couleurs se dégageaient de
ses compagnons à mesure que ceux-ci étaient en proie à des sentiments
différents. Athos s'auréola de magenta l'espace d'un instant, quand elle
marcha sur les restes d'un lapin. L'acuité avec laquelle Bargo parvenait à
percevoir les sentiments de ses compagnons le déroutait, il en perdait
l'observation de la grotte.
Après plusieurs pauses pour permettre aux aventuriers
de se restaurer et de se détendre, Bargo dans un désir d'honnêteté envers
ses amis, parla de Filâme et des différentes observations qu'il avait pu
faire. Bien que le sol soit de pierre et qu'aucune poussière ne soit
visible, il voyait ce qui semblait être des traces de pas, d'innombrables
traces, allant du blanc assez marqué, venant de leurs propres traces, vers
les nuances de gris de traces indéchiffrables se fondant pour certaines dans
l'anthracite du sol. Il semblait claire au vu des traces, qu'ils n'étaient
pas seuls dans la galerie, aussi Athos redoubla-t-elle de vigilance dans
leur progression, toujours plus dans les profondeurs de la montagne.
Nos trois compagnons continuèrent à marcher dans cette obscurité. Plus il s'enfonçait dans la montagne et plus les squelettes se faisaient nombreux. Tout à coup Athos se retourna et tendit son arc prêt à envoyer deux flèches. Bargo se retourna avec Athos et dégaina son épée. Gilgamesh fit une deuxième boule de feu dans son autre main. Plus le bruit s'approchait et plus celui-ci se faisait clair et il ressemblait à des battements d'ailes. Le bruit n'était plus qu'à une vingtaine de mètres, droit devant eux. Les battements d'ailes s’accompagnèrent d'un cri de créature que Gilgamesh reconnu immédiatement. Celui-ci alerta ses amis à l'instant même et ainsi Athos baissa son arc et Bargo son épée. Dans l'obscurité, on vit apparaître Azroc, le dragon bleu de Gilgamesh qui ne pouvait pas supporter de rester séparer de son maître. Tout le monde fut soulagé mais ceci n'expliquait pas le fait des ossements trouvés tout le long du chemin. Grâce son dragon Azroc, Gilgamesh retrouva sa pleine puissance et par l'intermédiaire de son bâton pu éclairer le chemin sur de plus grande distance qu'avant. Ainsi, nos compagnons continuèrent le chemin dans cette grotte qui n'en finissait.
Ils marchèrent
longtemps... Des ossements jonchaient toujours le sol. Après une observation
plus attentive, il leur sembla que ces squelettes appartenaient à des
guerriers. Des restes d'armures, d'armes et de heaumes les guidant sur cette
conclusion. Mais ces cadavres leurs semblaient petits...
Soudain, Athos s'immobilisa. L'Elfe ne pouvait faire
autrement, un grand mur se dressant devant elle.
- Il y a quelque
chose derrière. Quelque chose de vivant! Reculez !
Ses deux compagnons ainsi que son animal mythique
(bien sûr la licorne les avait suivit, ne pouvant pas voler !) et l'Elfe
prononça une incantation en elfique dont la signification échappa totalement
à ses amis. La terre se mit à trembler de plus en plus fort au fur et à
mesure qu'Athos se concentrait. Soudain, le mur céda, s'effondrant dans un
amas de poussière et de rocs. Et là, un bruit de croisement de fer.
Bargo se battait avec... une créature petite, à la longue barbe, armée d'une hache et qui visiblement, savait s'en servir. Athos tendit son arc, sommant au Nain de se rendre immédiatement.
- Plutôt mourir que de se rendre à des zombies ! Cria le Nain.
- Nous ne sommes pas des zombies ! Répliqua Athos. Nous sommes bien vivants et nous ne sommes pas là pour vous faire du mal!"
Après avoir dévisagé l'Elfe et Bargo sous toutes
leurs coutures, jeté un coup d'oeil à Gil, à Azroc et à la Licorne, le Nain
baissa doucement son arme.
- Je m'appelle Willard. Mes guerriers et moi avons
été attaqués par des morts-vivants. Je me suis enfermé ici pour reprendre
mes forces avant de reprendre le combat.
- Il n'y a plus rien derrière nous, répondit Gil. Ces zombies sont bien morts, enfin pour l'instant.
- Je vais vous soigner ! Repris Athos. Vos blessures sont légères mais nombreuses.
Pendant ce temps, Bargo observait attentivement la
grotte, faisait un petit inventaire de tout ce qui s'y trouvait et qui
pouvait leur être utile. Il s'appliquait aussi à percer les sentiments du
Nain, comme il le faisait avec ses amis...
Nos trois compagnons avaient rencontré un probable quatrième. Mais pendant que Athos soignait Willard, Gilgamesh et Bargo admiraient la grandeur de la salle. Grâce aux torches disposées tout autour, on pouvait remarquer que le plafond était à quatre mètres du sol et formait une sorte de voûte. Vers la gauche, on apercevait des couches avec plusieurs corps de nains couverts de sang. Ceux-ci paraissaient être morts depuis de nombreux jours. Willard nous dit qu'il était le dernier de sa race dans cette montagne et que ces derniers amis qui étaient sur la couche étaient morts depuis une vingtaine d'heures. Ceci parut étrange au trio. A droite par contre, il y avait disposé plusieurs tables avec de la viande qui cuisait sur le feu. Bargo et Gilgamesh n'écoutant que leur ventre car ceux-ci n'avaient rien mangé depuis le petit matin se ruèrent sur la viande. Athos et Willard rejoignirent les deux autres. Pendant un bon moment, les quatre compagnons festoyèrent et apprirent à mieux se connaître. Alors que ceux-ci étaient en plein repas, les nains qui étaient normalement morts se levèrent et commencèrent à attaquer nos amis. Mais ils eurent à peine le temps de se lever que la licorne d'Athos en embrocha quelques-uns et Azroc fit flamber les autres. Le calme revenu, les quatre compagnons se mirent à réfléchir. Qui pouvait donc être derrière tout ça ?
Athos se sentait un peu dépitée, elle qui avait prévu de partir à la chasse aux orcs, servait de cible à des morts-vivants...
Bargo commençait sérieusement à se demander s'il avait bien fait d’errer jusqu'à ce village où il avait rencontré l'Elfe. Gilgamesh ne faisait que suivre la piste qu'il traquait depuis longtemps. Le nombre de morts-vivants ne faisait que de s'agrandir. Il devait donc être tout proche de sa cible. Et Willard avait du mal à se remettre de ce qu'il venait de vivre et ne désirait pas en parler. Soudain, Athos leva brutalement la tête. Ses yeux s'agrandir et elle cria :
- Sortez! Vite !
Ces cadavres, qu'Azroc avait détruits, se relevaient,
imperturbables, à l'état, pour certains, de squelettes carbonisés, pour
d'autres de spectres. Ils coururent plus vite qu'ils ne l'avaient jamais
fait, et sortirent de la grotte. Là, Athos recommença son incantation et
fit écrouler la grotte, non sans mal. Elle avait atteint son but: ensevelir
ces zombies. Le fracas de l'éboulement s'arrêta. Athos devint pâle comme la
mort... et perdit connaissance, rattrapée de justesse par Bargo. Tout le
monde resta autour de l'Elfe. Le nain parti chercher du bois pour faire un
feu car la nuit allait tomber. Pendant ce temps là, Gilgamesh alla
s'entretenir avec Pyro pour savoir ce qu'il avait vu puis parti chercher de
l'eau. Seul Bargo resta à coté d’Athos, l'installant comme il le fallait.
Pyro était parti dans les montagnes pour surveiller le camp mais de plus
haut. Un petit moment après, le nain et le mage revinrent et préparèrent le
feu. La nuit tombait de plus en plus et l'on pouvait voir le soleil se
coucher petit à petit jusqu'à disparaître au loin. On installa Athos près du
feu et Gilgamesh tira sa cape pour la mettre sur Athos car tout le monde
était triste de l'état de la si belle elfe. Le mage, le nain et le semi-elfe
restèrent auprès du feu sans rien dire en se rappelant ce qu'ils avaient
vécu dans cette journée et ce qu'ils allait devoir faire pour que le mal
soit stoppé. Au bout d'un moment, les trois compagnons s'endormirent car
exténués de fatigue. Heureusement que la licorne et les deux dragons était
là pour veiller.
"Athos allait bien", Bargo n'arrêtait pas de se rassurer en se répétant ces trois mots, "Athos allait bien".
Il était époustouflé par les pouvoirs de son amie,
elle si frêle, avait réussi à les conduire au dehors. Il essayait de revoir
la scène, depuis leur entrée dans cette grotte petit à petit transformée en
galeries creusées, sculptées par des nains, à la nuit des temps. Une fois
encore, Filâme les avait guidés vers la rencontre d'un quatrième acolyte...
"Athos allait bien".
Willard devait être
quelqu'un d'exceptionnel pour avoir survécu à ces mines. Bargo avait très
peu côtoyé de nains, mais Willard semblait avoir un passé lourd
d'expériences. Il semblait, parce que depuis la perte de ses compagnons, il
n'était pas très causant, écrasé par le poids d'une douleur trop forte, trop
oppressante... Athos respirait encore, elle allait bien.
Comment avait-elle fait, quels pouvoirs avait-elle
déployés pour les faire sortir aussi vite ? Ils avaient passé des heures et
des heures à s'enfoncer dans les entrailles de la montagne, en l'espace d'un
souffle, ils étaient dehors, "comment, mais comment ?" A moins que Gilgamesh
avec l'aide d'Azroc, ce petit dragon qui devenait de plus en plus familier à
Bargo, avait su les téléporter vers la sortie... Mais qu'importe, Athos
allait bien.
Lors de l'effondrement de la grotte, Bargo tenait
fermement Filâme. Il avait pu voir l'elfe s'auréoler d'indigo en déchargeant
une énergie insoupçonnable, le résultat avait été époustouflant. Le regard
voilé par Filâme, Bargo avait remarqué un changement très net dans la
coloration de l'entrée principale. Le rouge avait laissé place à un orange
laiteux, comme si la démonstration de force du groupe avait su calmer les
appétits de la chose... Pour combien de temps... Mais qu'importait, Athos
allait bien.
C'est avec ces trois mots, entouré par d'illustres
compagnons, veillé par des créatures issus de légendes, que Bargo se laissa
sombrer dans un sommeil troublé, ... Athos allait bien...
Au petit matin, tout
le monde était reposé mais lourdes étaient leurs pensées. Bargo se leva et
regarda ses compagnons mais Gilgamesh était manquant. Il alla voir Athos
immédiatement et vit qu'elle avait reprit des couleurs et qu'elle semblait
être tout simplement en train de dormir. Bargo commença à regarder autour de
lui plus attentivement que la veille car quand ils étaient sortis, la nuit
était presque tombée. Devant eux s'élevait une gigantesque forêt. Plus il
regardait au loin plus il voyait une chose rouge approcher et très vite vit
que c'était le dragon de Gilgamesh. Quand il fut assez proche, Bargo vit que
Pyro était accompagné par son maître. Ce dernier atterrit près du campement
et par ses battements d'ailes, Pyro réveilla Athos et Willard. Arrivé au
camp, Gilgamesh s'excusa auprès de ceux qu'il venait de réveiller. Il leur
expliqua que la forêt qui s'étendait devant eux était majestueuse. Il
n'avait pas pu atteindre l'autre bout à l'aide de son dragon.
Athos se dirigea vers Willard et lui demanda s'il
était intéressé pour nous accompagner dans notre périple contre le mal. Le
nain, ne voyant rien qui pouvait le retenir à part la mort décida sans
réfléchir d'accompagner ces personnages très sympathiques.