Combat contre les orcs

(Auteur :  Haper - Deadelus)

 

L’haleine putride de ce guerrier orc me donnait la nausée. Son visage contre le mien fixait mon regard au travers de mon heaume et ne pouvait s’en défaire. Je pouvais voir le sien, paniqué à l’idée de la mort inéluctable qui l’attendait, le visage déformé par la douleur, la bouche entrouverte voulant laisser échapper un cri qui ne sortait pas.

Ma lame déchirait sa chair. Nous étions dans un combat en corps à corps depuis déjà de longues minutes, l’un contre l’autre. Ses jambes se dérobaient à chaque à coup de ma lame qui lui transperçait les tripes. Nous étions tellement lié l’un à l’autre qu’il m’entraînait progressivement dans sa chute.
J’entendais Boubou à coté de moi qui ferraillait dur contre 2 guerriers orcs alors que d’autres accourraient au sortir d’un bosquet.


Nous étions maintenant à genoux tous les deux, l’orc et moi, nous regardant fixement l’un l’autre. Une dernière pression de ma lame trancha définitivement le fil de sa vie. Je me relevais et d’un coup de pied rageur, fis basculer le corps de l’orc sur le coté, libérant ainsi mon épée dégoulinant de sang.
Nous étions partis de bon matin, Boubou, Furet, Brehan et moi en direction du Château et cela faisait maintenant plus d’une heure, alors que nous venions de déboucher dans une vaste plaine, que la bataille faisait rage. Brehan, que rien n’impressionnait, à la vue des premiers orcs, avait réagi le premier, en chargeant comme il avait coutume de le faire, c’est-à-dire en courant et criant comme un barbare qu’il était dans ce genre de situation. La hache brandit au dessus de sa tête, courant et vociférant, ses cheveux longs lui barrant le visage dans sa course effrénée, impressionnait déjà les premiers orcs qui recevaient sa bénédiction. Furet le suivit prestement afin d’épauler son frère d’arme. Je restais donc avec Boubou.

 

Furet était le compagnon privilégié de Brehan et ils ne se quittaient peu. L’agilité de Furet dans les combats rapprochés faisait merveille. Furet pouvait combattre facilement plusieurs orcs à la fois, passant de ci, delà, distribuant au passage des coups d’épée, esquivant les coups, repassant par là, bondissant et virevoltant, donnant le tournis à ces orcs robustes et lourds qui manifestement ne comprenaient rien à cet art de l’attaque et de l’esquive. Même si les coups de Furet n’étaient pas mortels, ils n’en étaient pas moins efficaces, et pouvaient amoindrir ainsi 4 ou 5 orcs, les limitant dans leurs actions, leurs mouvements et leurs déplacements.

Brehan, quant à lui, étripait, démembrait, fendait les crânes avec sa lourde hache dans de bruits horribles. Il était fort et courageux, et aussi inconscient et insouciant qu’il était jeune, maniant sa hache avec une telle dextérité, que s’était un compagnon d’armes irremplaçable et fort utile dans les combats qui ne manqueraient pas de subvenir dans notre aventure. A chaque fois qu’il terrassait un orc, il laissait échapper un cri terrifiant. On pouvait ainsi savoir combien d’orcs il avait combattu. De temps à autre, nous étions obligés de prendre la fuite en avant afin de diviser les troupes d’orcs, le combat étant par trop inégal. Nous étions peut-être à un contre dix.

 

Boubou et moi étions maintenant trop loin pour entendre les cris de fureur de Brehan. Boubou, un nain courageux, ne s’en laissait pas compter et pouvait combattre n’importe qui, même des guerriers orcs des plus aguerris qu’il terrassait sans conteste avec sa hache. Boubou avec sa longue barbe blanche tachée de sang de ces adversaires, avait une force herculéenne, sa hache qui semblait trop lourde pour lui, passait et repassait sur les orcs, lacérant jambes, bras, torse, tailladant les chairs, faisant éclater les veines qui pissaient le sang. Dans la bagarre il avait perdu son casque, mais même sans cette protection, il combattait avec rage et courage. Un corps à corps se précisait, Boubou et moi contre six orcs qui débouchaient d’un bosquet sur notre droite. Aucun répit ne nous serait donc accordé ? Nous reculâmes afin de reprendre un peu de nos forces.


La lutte s’engagea, féroce comme à l’accoutumée, la mort des uns et des autres était programmée en cette journée sur ce champ de bataille. La sueur, le sang, la poussière se mélangeait en une odeur acre qui devenait maintenant insupportable et qui nous mettait la nausée.
Quatre orcs m’encerclaient et se rapprochaient de telle manière que mes coups portaient peu. Mon épée trop longue et maintenant trop lourde de tous ces combats enchaînés sans repos, n’infligeait que des dégâts bénins. Heureusement, Boubou, que manifestement sa force n’abandonnait point terrassa deux orcs. Dans un dernier effort, je rassemblais le peu de force qui me restait, et dans une attaque tourbillonnante, décapitais les quatre orcs d’un seul coup, les têtes roulant à nos pieds. La bataille était terminée, Boubou et moi, extenués, contemplions les corps des ces orcs étendus dans l’herbe fraîche.

 

Boubou vit tout d’un coup un orc près d’un arbre, il avait assisté à cette scène, terrorisé par la violence et la fureur du combat. J’écartais du bras Boubou, et m'avançais vers cet orc sans doute le dernier combattant. Il était fort jeune et sans doute novice dans l’art de la guerre. Il reculait et visiblement ne voulait pas engager le combat. Arrivé à trois mètres de lui, j’enlevais mon heaume afin de respirer plus facilement ne craignant plus les coups de ce jeune orc inexpérimenté. A la vue de mon visage il fut pris d’une peur panique qui le figea sur place, son regard horrifié, ce même regard que j’avais déjà vu, laissant tomber sur le sol son épée. J’étais maintenant à cinquante centimètres de lui.

Boubou :

- laisse-le tu vois bien que c’est un jeune orc !

Haper :

- …


Je regardais fixement cet orc, son visage livide, ses yeux implorant la pitié, me demandant la vie sauve.


Boubou :

- Allez viens ! On retourne voir Furet et Brehan.


Cela faisait maintenant une bonne minute qu’on restait tous les 2 immobiles sans un mot, lui terrorisé, moi extenué, mon regard figé dans le sien. Ma lame fendit l'air, sa tête roula à mes pieds et pendant une fraction de seconde encore son regard croisa le mien, exprimant toujours cette même pitié qu'il demandait et qu'il n'eût point.


Boubou :

- T’aurais pas dû, Haper, t’aurais pas dû !


Haper :

- C’est ainsi ! Retournons voir Brehan et Furet.

 

Je remis mon heaume et me retourna vers Boubou fort mécontent. Le corps du jeune s’écroula enfin dans un bruit sourd.  De loin en loin et en toutes directions, l’on pouvait voir les cadavres des orcs pour la plupart démembrés. Le calme était revenu sur cette plaine. Nous enjambions, Boubou et moi les cadavres. Boubou fini par retrouver son casque. Il avait le regard noir, ne disant mot et ne me pardonnait pas la mort inutile du jeune orc.
Haper :

- Bréhaaaaaaaaaannnnn

 
J’appelais Brehan, mais aucune réponse.


Boubou inquiet :

- Tu crois qu’il leur est arrivé quelque chose.


Nous accélérâmes le pas tout en appelant Furet et Brehan. Mais toujours aucune réponse. Nous venions de dépasser une vielle bâtisse en ruine quand Brehan en sortit.


Brehan :

- Vous avez finis de brailler comme des malades. On n’entend que vous ici.
Boubou :

- Tu pouvais pas nous répondre non, espèce de ….
Haper :

- Où est Furet ?
Furet :

- Je suis là !


Furet d’une virevolte dont il a secret, sauta de la margelle d’un puits situé non loin de cette ruine. Il se désaltérait, nettoyait et fourbissait ses armes.
Nous étions enfin réunis et c’était bien là le plus important, sans trop de blessures. Quelques potions que nous avions prises avant le départ nous remirent facilement sur pied.  Boubou venait de trouver une pierre, mais pas n’importe quelle pierre. Boubou en nain forgeron qu’il était, avait une connaissance dans l’art de la forge qui faisait l’admiration de ces compagnons. Il avait appris ainsi à reconnaître dans la nature des pierres capables d’aiguiser les lames. Ce savoir il le tenait de son père qui lui-même le tenait de son père. Il cracha dessus et se mis sans plus tarder à réparer une nos armes.



Soudain un rire démentiel déchira le silence, nous faisant lever d’un seul homme, Boubou y compris. Nous aperçûmes Brehan nous montrant un corps d’orc à genou sans tête. La position ridicule de cet orc mort dans cette position totalement surréaliste provoquait l’hilarité de Brehan, dans ces champs de bataille jonchés de cadavres. Brehan le coucha sur le flanc de son pied.

Nous nous regardâmes sans mot dire.  Deux corneilles s’envolèrent. J’avais remarqué déjà ces deux volatiles qui nous avaient suivi depuis notre départ ce matin. Je les avais vu se poser sur les plus hautes branches de cet arbre mort près de cette ruine avant que la bataille ne soit engagée. Elles avaient assisté à cette bataille depuis le début. Une question me taraudait l’esprit.
Haper :

- Boubou, tu ne trouves pas bizarre cette attaque des orcs ? Ils n’avaient aucune chance de gagner contre nous.

 
Boubou :

- Ben on a été pris dans un guet-apens.


Haper :

- Pourquoi justement, personne ne savait qu’on partait ? Et pourquoi dans cette plaine coupe-gorge ?

 
Brehan qui nous avait rejoint :

- J’en sais rien !


Haper :

- Seuls des êtres doués des forces du mal peuvent nous ralentir dans notre aventure.
Furet :

- T’as raison Haper.
Haper :

- Deux corneilles sur la plus haute branche ...


Brehan :

- Haper tu nous casses la tête avec tes énigmes stupides et incompréhensibles.

 
Je voulais les avertir, mais à quoi bon, je me faisais peut-être des idées.
Haper :

- Restons quand même sur nos gardes.


Brehan :

- Oki !


Nous décidâmes de repartir en direction du château, Brehan devant avec Furet, Boubou et moi derrière. A la sortie de la plaine Boubou se retourna. J’en fis de même. La nuit ne tarderait plus à tomber maintenant. Une légère brume s’élevait à 1,50m du sol recouvrant la plaine d’un linceul blanc de circonstance. L’on distinguait au travers de cette brume quelques corbeaux s’acharner sur les corps sans vie des orcs. Brehan se mit à chanter une paillardise dont il avait le secret.


Brehan :

- La belle Angèle a de beaux seins blancs, pompe moi………….

 
Cela remettait du baume au cœur. Brehan avait déjà oublié la fureur de la bataille. Nous reprîmes ensemble cette paillarde. Nous marchions maintenant d'un bon pas en direction du château.

 

Un peu plus tard sur le champ de bataille.

 
Inconnu : Sharak. De mots de pouvoir, de la lumière jaillit du bâton du sorcier en robe noire, le nécromancien avança et regarda les cadavres des orcs.
Autre inconnu :

- Tu vois Dead, ils s'en sont sortis sans notre aide.
Deadelus :

- Oui, Format, à ton avis comment ont-ils eu ce regain de force pour leur fin de combat ?

 
Format :

- Je ne t'ai même pas entendu invoquer. Quand la tu fait ?
Deadelus :

- Je te raconterais tous en route va, il vont bientôt se rentrer à l'auberge de la miche du nain. Pause ta main sur mon épaule, nous nous téléportons.
Format posa sa main sur l'épaule du mage et dit :

- Tu sais que je n'aime pas ça.


Tous deux étaient déjà arrivé devant l'auberge et rentrèrent.

Devant la miche, nos deux personnes immortelles, Format et Deadelus, entendent un bruit d'explosion. Un homme s'approche d'eux et leur dit :

- Ne faites pas attention, c'est encore Sniper qui fait exploser ses bombes.
Format :

- Ah, d'accord ! Encore un petit jeune.

 
Deadelus :

- Ouais ! Il na pas intérêt a nous déranger tout à l'heure celui la.

Format et Deadelus entrent dans l'auberge où ils sont accueillis avec beaucoup d'amitié, car il faut rappeler que ces deux personnages ont joué un rôle important dans la région il y a quelques temps et tout le monde se souvient d'eux. L'aubergiste s'approche d'eux et les salut bien bas.
Aubergiste :

- D'anciens héros reviennent dans cette contrée perdue ? C'est un immense honneur pour nous.

 
Deadelus :

- Vraiment ?

 
Aubergiste :

- Bien sur, nous nous souvenons encore de la manière dont vous avez exterminés les orcs la dernière fois. En ce temps vous portiez déjà la robe noire. Pourquoi ne pas l'avoir mise aujourd'hui ?

Format :

- Il ne porte plus la robe de mage depuis qu'il a hérité de son château, notre ami est aussi un prince.

Aubergiste :

- Et bien je vais vous amener dans la salle spéciale.

Deadelus et Format :

- Merci.

 

En attendant, Deadelus remet sa robe noire, car après tout dans la région on le connaît pour cela, le mage qui les avait sauvés par le passé.

C'est à ce moment là qu'Haper suivi de Brehan, Furet et Boubou entre dans la salle.