Galaad
Troisième groupe : Athos - Bargo - Gilgamesh - Willard
(Auteurs : Eärinya (Athos) - Bargo - Gilgamesh - Willard )
Athos regarda la forêt et voyait que celle-ci était très sombre, tellement sombre que l'on pouvait sentir le mal qui rodait partout. D'un pas décidé, le quatuor se dirigea vers la forêt suivi de la licorne et de Azroc. Pyro s'envola dans le ciel car la forêt était trop étroite pour lui. Ainsi nos quatre compagnons rentrèrent dans la forêt, très décidés à détruire tout le mal jusqu'à la fin.
L'elfe avait eu du mal à se remettre du déchaînement de forces naturelles qu'elle avait provoquées. Cela faisait des dizaines d'années qu'elle ne s'en était plus servi, qu'elle n'avait pas entretenu cette capacité. "A quoi provoquer des tremblements de terre et des éruptions volcaniques peuvent bien servir ?" s'était-elle demandée il y a plus d'un siècle.
Mais là, cette
aptitude innée était revenue à elle tout naturellement. Seulement voilà,
deux fois de suite, c'était au moins une fois de trop et sa force mentale
n'avait pas résisté. D'où sa perte de connaissance si longue.
Quand elle s'éveilla, alertée par Pyro, elle aperçu
Bargo qui regardait dans sa direction, le regard encore inquiet. Son premier
sourire fût pour lui et elle pu voir une légère coloration rose se former
sur ses joues, ce qui l'amusa.
Elle se leva, et sa courte quiétude fût brisée par
cette pesanteur inexprimable qui émanait de la forêt. Malgré son regard
perçant, elle ne distinguait rien d'intéressant, et encore moins de
rassurant, derrière ces arbres immenses et touffus.
Elle entra la première dans cette forêt, suivie par
Willard, Bargo et Gilgamesh. Niumi, sa licorne, s'ébrouait rageusement. Son
oeil farouche, constamment en alerte, n'apaisait guère ses compagnons à deux
jambes. Azroc émettait ses petits cris perçants, si désagréables à l'oreille
délicate d'Athos... qui n'hésita pas à demander à Gilgamesh de faire taire
son cracheur de feu...
La forêt n'était pas un milieu inconnu pour Athos et Bargo, mais cette étendue boisée n'avait rien à voir avec tous ce qu'ils avaient déjà connu. Gilgamesh lui était un rare privilégié à connaître le monde depuis le ciel, il avait survolé sur le dos de Pyro cette végétation, lors de son inspection matinale. Il sentait que cette étendue d'un vert blafard avait été également gangrenée par la Chose. La canopée était impénétrable, aussi avait-il dû se résoudre à laisser Pyro les survoler, et accompagner le groupe à pied. Il y avait toujours Azrog à ses cotés après tout...
Willard se remettait
doucement de ce qu'il avait vécu dans la montagne, son habitat normal, son
chez lui. Sa vie, par l'action d'une force obscure s'était transformée en
cauchemar. Il avait tout perdu, sa famille, ses amis, ses galeries
millénaires... Non, il ne pouvait pas retourner y vivre, lui seul survivant,
il devait d'abord se venger, trouver, pister, traquer la source de ce mal
sans nom. Tant que lui et cette abomination côtoyait le même monde, un était
de trop. Il la retrouverait, c'était devenu personnel. Même s'il devait
supporter la présence d'une elfe et d'un demi elfe, il poursuivrait sa
quête.
A part leur allure, leur port de tête, leur odeur (ou
plutôt l'absence de celle-ci), leur manières, leur regard, leur façon de
parler, leur tenues... Will n'avait rien à reprocher aux elfes. Ah oui il y
avait aussi leur amour de la nature, comme si cette verdure avait quelque
chose de naturel...
Athos avait après tout été charmante avec lui, mais n'était-ce pas de la pitié ?
Il s'en rendrait vite
compte, observation passive et éviction des confrontations directes
devraient lui permettre de se faire une idée de la composition de ce groupe
d'individus aussi dépareillés que surprenants.
Nos compagnons au sang sylvestre, plus encore que
Gilgamesh et Willard se sentaient oppressés par la lourde atmosphère qui
imprégnait cette forêt. Leurs pas étaient étouffés par un sol de mousse
épais et malsain.
Le silence de mort qui y régnait aggravait encore
cette sensation d'étouffement. Pas un bruit, pas un cri d'animal, pas un
bruissement de vent dans les branches torturées de ces arbres sans âges,
recouverts de lichen grisâtre tombant comme les lambeaux des rideaux d'une
scène funéraire. Cette nature était tellement hermétique, que paradoxalement
Willard semblait être le plus à l'aise, comme évoluant dans une galerie
végétale.
A deux reprises les Flop, Flop des battements d'ailes
de Pyro qui cherchait son maître, semblaient donner vie à cette nature
figée, la masse d'air prodigieuse déplacée par cette créature
surdimensionnée, faisait se soulever le lichen par vague, à mesure que le
souffle se propageait. Les compagnons avaient alors l'impression d'être
entourés d'êtres fantomatiques effrayés par le dragon...
Bargo laissait Athos le précéder de deux pas, façon de se rassurer encore une fois qu'elle allait bien. Il réalisait que quelque chose se passait chez lui, personne ne l'avait jamais troublé comme la belle elfe...
Chassant cette idée, il se plongea dans l'observation du monde au travers du regard de Filâme. Cela n'avait rien de rassurant. Il ressentit alors encore d'avantage l'aversion que cette nature immobile nourrissait envers les êtres libres comme eux.
Bargo ne voyait plus en couleur comme au début, mais en impression, en sensation. Tous les sentiments, toutes les pensées vivantes ou immatérielles semblaient prendre corps aux yeux du demi elfe.
Il s'interdisait de
regarder ses compagnons, trouvant qu'être le témoin de leurs émotions
n'était pas honnête, c'était ce qu'il essayait de se convaincre, mais la
raison, la vraie, était qu'il avait peur de regarder Athos de ce regard là,
peur de découvrir qu'il était seul à éprouver cette... gène... Aussi,
dépassa-t-il la jeune elfe de façon assez maladroite et prit-il la tête du
groupe.
La haine, la peur, le danger, les frustrations
étaient tout ce que Bargo pouvait voir dans cette forêt. Ces sentiments
étaient poussés à un tel paroxysme qu'il parvenait doucement à oublier ses
troubles.
Leur progression était lente, la présence de ces
rideaux de lichen leurs interdisaient d'avoir une perspective sur la route à
parcourir. De nombreuses heures s'étaient écoulées. Le soleil, invisible au
dessus de ce toit de végétation, devait être sur le déclin car la luminosité
s'atténuait peu à peu. Ils n'avaient toujours pas mangé, ils ne s'étaient
d'ailleurs pas encore adressés la parole, étouffés par cette atmosphère
hostile.
Bargo ne s'en aperçu pas tout de suite, mais un changement était en train de se produire. Le danger, la haine sauvage à l'état pur, se faisait plus marquante. Puis il vit ce qui ressemblait à des lucioles d'un rouge incandescent voleter autour d'eux, traversant arbres et lichens pour pénétrer enfin dans le sol...
Avec un bruit de succion putride, accompagné d'une odeur pestilentielle, du sol jaillirent des mains en lambeaux...
Aussitôt Willard sentant cette odeur nauséabonde brandit Seamus sa hache vengeresse :
- Non ! S'écriât il. Ils ont décimé mon peuple je ne leur laisserai pas une autre occasion de faire du mal à mes compagnons, même si parmi eux il y avait des elfes.
Il se lança dans la bataille avec une rage telle que
sa hache fendait crâne, bras, jambes. Il y en avait partout. Il frappait,
frappait, avec une telle force, une telle haine, qu'il en avait oublié ses
compagnons qui combattaient avec la même rage . Cela lui donna encore plus
de force pour pourfendre ces êtres mus par les forces du mal. Soudain la
bataille cessa aussi rapidement qu'elle avait commencé. Tous, aussi surpris
les uns que les autres, nous reprenions notre esprit.
A ce moment Athos, le visage figé eut cette réflexion :
- Cela s'est arrêté trop brutalement comme si une force avait repoussé ces êtres !
Qu'y avait il derrière cela ? La forêt était très
sombre et nos compagnons étaient tous fatigués. Ils avançaient dans cette
forêt de plus en plus dense ils se sentaient épiés, surveillés, mais par la
même un peu plus sereins comme si quelqu'un ou quelque chose veillait sur
eux .
Tous regardèrent autour d'eux, restant immobiles,
s'attendant presque à ce que quelque chose leur tombe dessus. Rien, le calme
était revenu. Athos jeta un bref regard sur chacun de ses compagnons afin de
s'assurer qu'aucun n'avait besoin de ses talents de guérisseuse. Aucune
blessure, mais tous se sentaient épuisés. Ils décidèrent d'un commun accord
de s'arrêter pour reprendre des forces. Ils s'endormirent même, surveillés
par les dragons et la licorne.
Le lendemain, en s'éveillant, Willard constata
l'absence d'Athos.
"Ah! Ces Elfes! incapables de tenir en place !"
Pesta-t-il au fond de lui. Mais très vite, il se sentit honteux lorsqu'il la
vit revenir, la cape utilisée comme panier à fruits.
- J'ai trouvé de quoi nous régaler ! Dit-elle.
Et Willard fût le premier à se jeter sur les baies et
autres fraises des bois. Le Nain et l'Elfe se mirent à discuter de ce qui
avait conduit le groupe à entrer dans cette mine maudite. Willard voulait
venger son peuple, Athos également. Bien que ces deux races se taquinent
depuis des siècles, ils avaient trouvé là un point commun non négligeable.
Enfin, leurs compagnons s'éveillèrent, quelque peu aidés par les animaux
mythiques. Niumi titilla le popotin de Bargo avec sa corne et Azroc
"picorait" gentiment le nez de Gilgamesh, ce qui amusait grandement les deux
autres. Et ils se remirent en route.
Soudain, Athos se figea, et Bargo vit Filâme bleuir.
"Des orcs !" murmurèrent-ils d'une seule voix.
Et là, ils savaient bien que les pouvoirs de Gilgamesh ne leur seraient pas aussi utiles, dans la mesure où ces créatures étaient belle et bien vivantes. Une rage folle grandissait en Athos, son regard se durcit, ses doigts se refermèrent violemment sur l'arc qu'elle venait d'empoigner.
- Du calme ! Lui conseilla Bargo.
La dureté de son regard le frappa et il comprit que
rien ne pourrait apaiser sa haine des orcs...
Les quatre compagnons étaient prêts à recevoir ces
maudits orcs. Gilgamesh ne pouvait pas pulvériser les orcs comme il le
faisait avec les morts vivants mais il lança une incantation qui recouvrait
ses compagnons. Les ennemis avaient des archers et ils tirèrent une flopé de
flèches, qui au contact du champ de protection, s'arrêtaient net et
tombaient. Surpris, les orcs s'arrêtèrent et virent Gilgamesh derrière les
trois compagnons qui était en transe et qui luisait dans toute sa puissance.
Ces amis se retournèrent et virent leur ami et comprirent ce qu'il faisait
mais celui-ci était sans défense et ceci leur donna plus la force de vaincre
les orcs. Ainsi Bargo et Will foncèrent presque tête perdue sur les orcs et
Athos dégainait des flèches juste devant Gilgamesh pour le protéger de
l'aura que celui-ci lui procurait. Après un petit moment, les orcs,
n'arrivant pas à toucher ces adversaires, fuirent dans tous les sens,
tellement apeurés par cette magie. Le combat fini, Gilgamesh sortit de sa
transe pour s'effondrer littéralement dans l'inconscient. Azroc l'agrippa
dans le dos pour le poser délicatement sur le sol. Tous ces amis arrivèrent
autour de Gilgamesh pour voir ce qui était arrivé et redoutait le pire. Mais
après un bref examen de Athos, ils s'aperçurent qu'il était seulement
évanoui à cause de l'effort fourni.
Cette forêt les écrasait. Il fallait en sortir au plus vite. Ils placèrent Gilgamesh sur la licorne et reprirent leur route. Ils marchèrent longtemps, très longtemps, avant d'atteindre la lisière. Et là, un soleil splendide les éblouit. La chaleur de ses rayons fit sourire les trois compagnons. En était-ce fini de leur cauchemar ?
Athos aperçu une petite route pas très loin d'eux et ils entreprirent de la suivre. Autour d'eux, des champs... ils avaient l'impression d'avoir atterri dans un autre monde. Rien ici n'avait été souillé par le mal qu'ils avaient dû combattre. Arrivé en haut d'une petite colline, ils s'arrêtèrent. Devant eux se dressait une citadelle, édifiée avec une architecture rappelant celle des Elfes, ce qui étonna fortement Athos. Ils s'y avancèrent, prudemment toutefois, n'ignorant pas que le mal pouvait prendre des formes les plus rassurantes pour tromper son ennemi.
Ils étaient maintenant devant les portes. Des gardes les surveillaient et prirent les armes devant les deux dragons. Bargo s'avança calmement et leur expliqua qu'il n'y avait rien à craindre d'eux mais les gardes s'entêtèrent et il fallut laisser dehors les deux cracheurs de feu... avec Gilgamesh car ces deux têtes de mule refusaient de rester loin de leur maître !
C'est donc à trois qu'ils gravirent les marches faites de marbre blanc et noir. Ils furent ensuite guidés par deux soldats jusqu'à une bâtisse. Ils firent patienter les étrangers puis leur demanda de déposer les armes pour pouvoir entrer. Cela n'inspirait guère les compagnons et Willard fut le premier à dire qu'il ne se séparerait pas de sa hache.
- Du calme Willard, ces gens n'ont pas l'air de nous vouloir de mal. Tu as vu la tête qu'on a ? C'est normal qu'ils se méfient ! Allez, baisse ton arme ! Lui dit gentiment Athos.
Les yeux du Nain fusillèrent l'Elfe pendant deux
secondes, puis il baissa son arme.
Ils purent enfin entrer. Devant eux, assis en demi
cercle, un Elfe, un Homme, un Nain, un Magicien et un Lutin les observaient
en silence. Les amis n'osaient s'avancer, et ils pensaient à Gilgamesh,
resté aux portes de la ville. Il serait bien mieux allongé dans un lit mais
comment le leur demander rapidement sans paraître grossier ?
L'Homme prit la parole en leur demandant de s'approcher. Ce qu'ils firent sans discuter.
- Cela fait plusieurs jours que vous foulez nos terres et je vois que le mal qui tente d'assiéger notre citadelle a pu être en partie dévastée par vos interventions. C'est un nécromancien, connu sous le surnom de "Grand-mal" qui en est à l'origine. Nous ignorons où il se cache. Nous savons juste qu'il agit pour la solde du Maître des Ténèbres. Nous vous avons fait venir jusqu'ici pour vous charger de retrouver ce nécromancien. Vous pouvez refuser bien sur, mais...
Il se tût.
Les trois amis se regardèrent, un peu dépités.
Finalement, ils ne savaient pas vraiment où ils allaient et ceci leur
permettait de donner un sens à cette errance. Willard, en sa qualité de
Nain, demanda :
- Quelle récompense pouvons-nous espérer ?
- Will ! Le rabrouèrent énergiquement Bargo et Athos.
Sa question resta sans réponse. Mais ils acceptèrent.
Peu de temps après, ils prenaient du repos bien mérité dans une taverne de
la citadelle. Gilgamesh s'était réveillé et avait pu entrer lui aussi. Il
fut rapidement mis au courant de leur quête. Bien que cela ne l'enchantait
guère, il fut contraint de suivre ses compagnons dans cette aventure....
Willard un peu vexé d'avoir été rabroué par ses
compagnons n'avait pas dit un mot depuis lors. Une question le tourmentait
tout de même : "Comment un peuple qui a les moyens de retenir une armée de
zombies, d'orcs, ou que sais-je encore, avait besoin d'une petite bande
d'aventuriers pour les aider à combattre ce Grand-Mal (l'avait bien choisit
son nom celui là !) ? Et surtout pourquoi cet elfe de malheur avait accepté
d'aider ces gens ? Enfin ! Je n'ai jamais pu comprendre ces créatures aux
oreilles pointues et aux petits pieds, néanmoins il n'était pas tout à fait
comme les autres celui là.
Il ne fallait tout de même pas se reposer sur nos
lauriers, une dure tâche nous attendait. Tout d'abord trouver la Vallée des
Brumes et puis après ça, repérer la tanière de cet être malfaisant. Quelles
péripéties attendaient nos quatre compagnons et ces lézards volants ?
Tout le monde s'affairait à faire des provisions de potions de nourriture et réparer les armes. Le départ était pour très bientôt ...
Nos quatre aventuriers étaient maintenant devant la citadelle. Direction plein nord, en route vers la vallée des Brumes. RIEN à signaler aux abords de la citadelle. Ils étaient encore protégés.
Cela faisait quelques lieues que nos amis marchaient quand Willard demanda à Athos :
- HE toi l'elfe, maintenant que tu nous as mis dans ce pétrin, as-tu une idée ou un plan pour nous en sortir ?
Bargo et Gil dirent au nain de se calmer :
- Mais oui Athos il faudrait savoir comment nous organiser nous ne savons toujours pas sur quoi nous allons tomber là-bas...
Ces huit jours passés à Galaad avaient transformé notre groupe...
La demande du conseil
des Sages de la ville avait troublé au plus haut point nos amis et ce
n'était qu'un début... Tout, depuis la découverte de cette citée fortifiée
n'avait suscité que surprise et étonnement. L'inspiration elfique dans
l'architecture était indéniable, mais cela semblait plus complexe. Certaines
arches étaient d'une telle pureté qu'elles plongèrent Athos dans un
recueillement contemplatif. Ces formes, ces courbes évoquaient en elle les
contes de leurs illustres anciens, de la race originelle, ayant depuis
l'aube des temps quitté ce monde pour des contrées nouvelles...
Galaad s'étendait bien au-delà de la citadelle, vers
le nord-est, à l'opposé de la forêt. Une architecture plus pragmatique
recouvrait la demie lieue qui séparait la citadelle des berges de la Laad.
Le fleuve s'écoulait paresseusement à perte de vue, les compagnons le
découvrirent quand au sortir du conseil des Sages, ils avaient regardé par
dessus les remparts, au moment où le soleil sur le déclin disparaissait
derrière la chaîne de montagne, ancienne demeure de Willard...
Le paysage était à couper le souffle. Des ombres fantomatiques s'étendaient sur le port de Galaad, où une forêt de mats se faisait grandissante à mesure que des navires, fluviaux pour la plupart, gagnaient leur havre avant le crépuscule. L'autre berge de la Laad (ce fleuve avait toujours été nommé au féminin pour une raison que le quatuor allait bientôt découvrir), était à peine visible, les quelques voiles, minuscules taches blanches sur cette étendue turquoise, qui disparaissaient peu à peu vers le nord laissaient croire qu'un autre port devait se trouver de l'autre coté du fleuve.
La ville basse était composée de bâtiments solides, à l'architecture fonctionnelle. Le granit, blanchi par les intempéries, était rehaussé de toits d'ardoises bleues, rendus presque lumineux par les reflets du soleil couchant. Cette partie de la ville, bien que d'inspiration humaine, ne détonait pas avec la citadelle. Galaad était une ville prospère. Tout avait été construit avec goût, et dans un esprit de pérennité.
Jamais nos compagnons n'avaient vu pareil mélange d'ethnies. Non seulement ces races vivaient semblait-il en parfaite intelligence, mais des unions bien peu orthodoxes devaient s'être formées au vu de certains habitants. Bargo ne s'était jamais senti aussi à l'aise. Hormis les regards mi étonnés mi admiratifs vers Niumi qui paradait fièrement auprès de Athos, ils se fondaient entièrement dans la population.
Le conseil des sages avait mis à disposition du groupe, dans la citadelle, des appartements somptueux. Le chambellan qui accueillit nos compagnons (Gilgamesh les avait rejoint) avec faste, leur remis à chacun la clé de sa suite, pendue au bout d'une chaîne. Fait étrange, chaque chaîne et chaque clé était bien différente, Willard se retrouva avec une clé bien solide, issue de l'artisanat nain. Athos avait une clé aux formes délicates évoquant quelque végétal oublié, surmontée d'une chaîne d'une finesse et d'une fragilité trompeuse. Gilgamesh reçut une clé finement ciselée de runes. Bargo lui reçu une clé dans un métal vaguement familier, très simple. Le Chambellan se retira avec politesse, comprenant le désir des compagnons de profiter du reste d'une nuit déjà bien entamée.
Les appartements étaient ... parfaits. Étrangement, chacun trouva la porte ouverte par sa clé, presque naturellement, comme s'ils n'avaient vécu que là. Ce que nos compagnons trouvèrent derrière leur porte dépassait l'entendement. Willard avait l'impression qu'aucune bâtisse construite sur la terre ferme ne pouvait se rapprocher autant de ses cavernes que cette solide suite. Athos se retrouva dans un décor délicat qui lui rappela (et fait étrange, sans mélancolie) sa chambre perchée dans la canopée de son aulne séculaire. Gilgamesh était entouré de grimoires, le sol était jonché de parchemins dans une langue oubliée, au mur une tapisserie représentant deux dragons, étrangement semblables à Pyros et Azroc mais pas identiques plongea notre magicien dans la perplexité. Bargo découvrit un intérieur simple, mais raffiné.
Dans sa chambre, à la tête de son lit en baldaquin, une tapisserie recouvrait tout le mur. Le demi elfe contempla la ou plutôt les scènes représentées. Tout était très complexe, d'un coté, descendant des montagnes, coulant de la forêt, refluant du fleuve, une masse obscure, formée du conglomérat immonde de membres décomposés, de têtes hideuses, rehaussée par une citadelle d'une sombre beauté, au nord au centre d'une vallée nimbée d'un brouillard éternel, au sommet de laquelle un être décharné observait avec attention, le front. De l'autre, scintillante de mille feux, Galaad, témoin du déchaînement de forces obscures qui peu à peu l'encerclent. Au centre de la tapisserie, sur le front plusieurs héros faisaient face à l'envahisseur. Bargo reconnut dans le groupe, une elfe brandissant un arc en signe de défit, chevauchant un cheval blanc surmonté d'une délicate corne unique, un nain redoutable tenant une hache spectaculaire, un magicien flottant dans les airs, entouré d'une multitude de dragons, et au sol, un demi elfe brandissant... Filâme... Cela ne faisait aucun doute. Les héros représentés sur la tapisserie n'étaient pas eux (d'ailleurs c'était impossible...), différents détails permettaient d'en être certain, mais l'épée aux mains du chevalier mi humain mi elfe était Filâme...
Les deux jours qui suivirent plongèrent le groupe
dans une perplexité studieuse. Quand ils réclamaient des explications, le
chambellan avait la même invariable réponse "Seuls nos Sages sont habilités
à répondre à vos questions, ils viendront vous voire en temps utile".
Chacun, dans ses appartements, découvrit une série d'indices démontrant que
d'autres avaient vécu là avant eux mais que cela devait dater car les
manuscrits étaient soit incompréhensibles, soit écrits dans un style, et
avec des formulations désuètes...
Will était sorti un après midi pour se changer les
idées. Il en voulait un peu à Athos de l'avoir remis à sa place. Pas
vraiment pour avoir accepté la mission, après tout, même sans être mandaté,
il aurait poursuivit la Chose, ce Grand Mal, ... mais pour le principe...
Au matin du troisième jour, sous une belle escorte, rentrèrent le lutin, le nain, l'humain, l'elfe et le magicien.
Le dernier prit la parole :
- Je vous prie de nous excuser pour cette attente, mais trop de précipitation nous aurait forcés à des explications bien complexes, alors que vous êtes maintenant mûrs pour entendre ceci...
L'elfe poursuivit naturellement le discours :
- Galaad était une elfe du plus noble lignage. Sa beauté n'avait pas son égal, son regard de turquoise transperçait toutes les âmes. Elle aurait dû suivre les siens quand à la nuit des temps, ceux-ci voyant apparaître le mal en même temps que les différentes races intelligentes de ce monde, décidèrent de prendre le large. Elle avait fait la connaissance de Thorasil, le fils d'un chef de village, un humain noble, courageux et sage. Le couple s'aima tout d'abord en secret, mais avec la proximité du départ, Galaad affronta le courroux de ses aïeux, avec Thorasil. Avant le départ des Elfes, ceux-ci érigèrent la citadelle où nous nous tenons afin que Galaad n'épouse pas un homme mais un roi...
L'humain enchaîna :
- Thorasil était un visionnaire. Il voulut que cette citée et le pays qui l'entoure, soient le refuge de toutes les races pacifistes de ce monde. Aussi, malgré l'isolement géographique et naturel de cette contrée, toutes races voulant cohabiter furent la bienvenue...
Le nain de sa voix de baryton poursuivit :
- Les nains avec leur savoir réputé, ne voulant pas que cette citée elfique à l'origine, ne puisse bénéficier de leur savoir, arrivèrent des montagnes avec des minerais, leur ardoise, et s'habituèrent peu à peu à une vie en plein air. Ils ont grandement contribué à l'enrichissement de cette citée mais n'ont jamais voulu approcher du fleuve...
Le lutin de poursuivre :
- Malgré notre petite taille, l'eau n'a jamais été un obstacle pour nous. Cette citée portuaire était l'endroit idéal pour nous implanter, aussi sommes nous à l'origine de l'expansion commerciale de la citée.
Après un instant de pause, la délégation se tourna
vers le magicien qui reprit la parole :
- Tout était trop
beau ! Les années se passaient dans une prospérité trop sereine pour ne pas
susciter la convoitise... Algeress, un jeune mage ambitieux fut prit d'un
désir grandissant pour Galaad. Il en conçut une jalousie secrète pour
Thorasil qui, avide de connaissance, plein de confiance, s'était prit
d'amitié pour le mage. Celui-ci, lors d'une promenade en forêt, étrangla
Thorasil, camouflant sa trahison derrière une mauvaise chute à cheval,
persuadé que Galaad se consolerait dans ses bras... Galaad, comme les elfes
de sang pur, " reprit l'elfe," n'avait de place que pour une âme dans son
sein. Elle fut inconsolable, mais pour honorer la mémoire de son défunt
monarque, poursuivit son oeuvre. Algeress, au début patient, comprit avec
les années que la belle elfe ne quitterait pas le voile, marque de son
deuil. Il en perdit encore d'avantage la raison et se plongea dans un art
interdit, la nécromancie...
L'humain, après un silence reprit :
- Dans sa folie, il se convint que s'il ne pouvait pas avoir le coeur de Galaad de son vivant, une fois morte, il pourrait la ramener à la vie et la maintenir sous son contrôle... Il était si orgueilleux, qu'au moment voulu, il avoua sa traîtrise, le meurtre de Thorasil et son plan funèbre...
De sa voix, encore plus profonde le nain reprit :
- Notre souveraine, à l'agonie, découvrant le plan obscur de ce mage fou, prit la fuite vers les montagnes. Algeress la traqua, mais la belle elfe se vidant de larmes, plutôt que de finir comme esclave d'un nécromancien, se jeta du haut d'une falaise dans le fleuve qui à cet endroit n'était encore qu'une rivière turbulente, espérant que l'eau emporte son corps loin des griffes du grand Mal, Algeress...
Les sages expliquèrent alors que le magicien fut
banni de la citée par le fils des monarques, le fou se fit construire une
citadelle dans une vallée verdoyante au nord, dominant le pays de Galaad. Il
se plongea à corps perdu dans des expérimentations de nécromancie, toujours
espérant retrouver le corps de son aimée. Peu à peu la nature changea,
imprégnée par les abominations de ce fou, tout ce qu'il avait touché ou
approché fut contaminé. La montagne, la forêt, le fleuve, tout à l'exception
de cette citée, protégée jusqu'à présent par l'union des races qui défendent
la mémoire de leur monarque. Il avait d'ailleurs été le seul monarque, le
fils unique de Galaad et Thorasil, Galieel, voyant que la citée prospérait,
avait proposé l'élection d'un représentant de chaque race, et d'un mage par
l'ensemble de la population, afin que la ville soit dirigée, et les
magiciens contrôlés dans les débordements potentiels de la pratique de leur
art.
Il y avait bientôt mille ans, alors que le danger était à son paroxysme. Des mains en lambeaux sortant de partout, à la recherche du corps de Galaad, un groupe de héros par leur courage et leur grandeur d'âme, parvint à repousser les attaques du Grand Mal...
Ce groupe était
notamment représenté par un nain à la Hache légendaire, Seamus (à cette
mention, Will les yeux écarquillés sortit son arme la regardant comme pour
la première fois), d'une Elfe de grande beauté chevauchant une licorne, un
archi-mage ami des dragons, et un demi elfe, armé de Filâme, la lame
vengeresse formée par un métal précieux fournit par les lutins, coulée dans
une forge humaine par les nains et travaillée par les elfes, symbole de
l'unité de notre nation. Votre groupe n'est pas encore au complet, mais nous
ne pouvons vous révéler l'identité de vos acolytes. La prophétie est sur le
point de se réaliser à nouveau. Le Grand-Mal n'ayant pas été totalement
détruit il y a mille ans, nous avons... l'humanité a besoin de vous...
Les compagnons n'en surent pas plus. Ils passèrent
les jours qui suivirent à préparer leur voyage de l'autre coté de la Laad,
afin de partir en reconnaissance dans la vallée des Brumes, contrée du
nécromancien Algeress, coupable de ce grand mal...
Pendant ces quelques jours, Gilgamesh avait appris plusieurs sorts nouveaux comme l'immobilisation ou le souffle de glace. Gilgamesh avait pu explorer les environs avec ses dragons et admirer la citadelle dans toute sa splendeur. Nos quatre compagnons avaient reçu une carte de la région de Galaad par les cinq maîtres de la citadelle. Pour atteindre la citadelle de Algeress, il fallait encore passer par la forêt qui plus est était très sombre.
Prêts à partir de nouveau dans cette lutte contre le mal, nos quatre amis partirent avec une grande volonté de vaincre mais une question restait dans leur tête : Quels autres compagnons de route allaient-ils encore rencontrer sur leur route ?
Pyro dans le ciel et Azroc près de son maître, ils s'enfoncèrent dans la forêt sombre. Ils n'ont pas fait 300 mètres que Athos recommence à voir des choses roder autour d'eux. La troupe s'arrêta et continua à observer les alentours dans le silence. Ils n’attendirent pas longtemps que déjà une armée d'orcs les entoure. De tous les côtés, ils sont cernés. Athos repère le chef devant elle, derrière les guerriers mais sur une branche, pouvant ainsi voir tout le monde. Will sortit sa hache, Bargo Filâme, Athos son arc avec plusieurs flèches prêtes à partir, Gilgamesh créa deux grosses boules de feu dans chacune de ces mains et Azroc était prêt à cracher des flammes et Niumi prêt à charger...
Les Orcs chargèrent, tête baissée, comme à leur
habitude. Ils n'étaient pas nombreux et très vite les compagnons prirent le
dessus. Athos avait blessé le chef des orcs mais malheureusement,
grièvement. Bargo, encore furieux de cette attaque, entreprit de le faire
parler, de lui demander où se trouvaient leurs ennemis, combien ils étaient
etc... Mais l'Orc se mit à rire. Cela leur glaça le sang. Bargo ne put
s'empêcher de le frapper mais rien ne le fit taire. Un râle, puis plus rien.
Tous se regardèrent.
- Nous n'en saurons
pas plus ! conclut le demi-elfe.
Ils reprirent leur route.
Athos sentait le regard de Willard sur elle. Elle s'arrêta, se tourna vers lui et lui dit :
- Willard, que vouliez-vous que l'on fasse ? Je n'allais pas refuser de les aider tout de même ! Après tout, c'est peut-être, et j'en suis persuadée, ce nécromancien qui est à l'origine du massacre des vôtres et des miens ! Et chacun de nos cotés, il n'y a aucun espoir de réussite ! Les Nains sont de bons guerriers mais vous n'êtes pas invulnérables...
Le Nain grommela et Athos, d'un petit signe de tête
signifiant "quelle tête de mule" reprit sa route. Ce Conseil lui posait
questions. Comment pouvait-il affirmer qu'ils rencontreraient d'autres
compagnons ? Pourquoi ne pas vouloir leur en dire plus ? Comment savait-il
qu'ils viendraient ici ? Et était-ce vraiment possible que toutes les races
s'entendent ? Voilà qui relève plutôt de l'utopie. Pourtant tout semblait
aller pour le mieux dans cette citadelle.
Une fois sortis de la forêt, une immense prairie
s'étendait devant eux. Tous espéraient avoir un peu de calme... D'après ce
que leur avait dit le Conseil, ils devraient être tranquilles un petit
moment. Ils se dirigèrent vers le Sud, vers un petit village...
Pendant leur cheminement, Gilgamesh, Willard et Bargo
ne pouvaient s'empêcher de repenser à la Citadelle. Et c'est naturellement
qu'ils vinrent à en parler. Athos restait muette. Elle ne prenait que
rarement la parole, ce qui donnait toujours l'impression à Willard que les
Elfes avaient la tête dans les étoiles... Elle ne disait rien, mais cela ne
l'empêchait pas d'écouter le débat qui s'animait entre ses compagnons.
- En tous cas, cette
ville est superbe ! Commenta Bargo.
- Trop grand ! Répliqua Willard.
- Athos et Willard,
cette union des races devrait vous faire réfléchir, vous qui vous chamaillez
souvent ! Tenta de conclure Gilgamesh.
- Il y a quelque chose qui me tarabuste, continua
Bargo, c'est trop beau. Vous n'avez pas remarqué, lorsqu'on se dirigeait
vers le Conseil, que les races semblaient chacune être regroupée dans un
quartier, et non réellement mélangées ?
Ses deux amis n'avaient guère fait attention à cela.
Et Bargo ne livra pas plus ses pensées. Toutes ces choses qu'il avait
remarquées... Etait-ce possible qu'il soit le seul ?
Quelques maisons firent leur apparition au loin.
- Nous ne sommes plus très loin du village, annonça Athos.
Les autres avaient beau regarder de toutes leurs
forces, ils ne virent rien et se doutèrent que le "plus très loin" pouvait
signifier quelques kilomètres...
Le silence s'installa
entre eux. Qu'allaient-ils trouver là-bas ? Peut-être s'inquiétaient-ils
pour rien. Et chacun de retomber dans ses pensées...
Après un petit moment, nos compagnons arrivèrent au village. Plus ils s'approchaient et plus Athos était inquiète. Un moment celle-ci commença à courir et les autres sans comprendre pourquoi la suivirent à son allure. Elle s'arrêta à l'entrée du village. Et là, nos compagnons pouvaient voir que le village semblait vide. Athos, Bargo et Willard se dispersèrent dans le village pour trouver quelqu'un. Gilgamesh resta à l'entrée, soupçonneux, et sentant quelque chose de très faible mais quelque chose. Il demanda à Pyro de faire les alentours. Puis comme son compagnon, il décida d'aller fouiller les maisons.
Après un petit moment, tout le monde se retrouva au
centre du village avec le même constat qu’il n'y avait personne. Athos
était très soupçonneuse et se demandait, comme ses trois compagnons, ce qui
s'était passé dans ce village. Pourtant les toits étaient intacts, les murs
n'avaient rien, aucune entaille. Les objets n'étaient pas par terre. C'était
comme si tous les habitants de ce village s’étaient volatilisés.
- Ils ont tous disparu ! Ajouta Athos. C'est inexplicable.
Pendant que Athos, Bargo et Willard parlaient de ce qui pouvait arriver, Gilgamesh se faisait attirer par Azroc de l'autre coté du village et là, il trouva un parchemin où étaient écrit plusieurs lignes qui semblait être de l'ancien elfique mais également de l'ancien dialecte de nain. Gilgamesh rapporta le parchemin à ses compagnons et leur demanda s'il pouvait le traduire. Athos eut un peu de mal à traduire sa partie mais Willard n'eut aucun mal. Après traduction, le texte incompréhensible comprenait beaucoup de mot macabre qui donna froid dans le dos à Bargo. Azroc partit faire un tour.
Gilgamesh pris le parchemin et commença à le lire et
à ce moment une succube apparue à l'autre bout du village. Athos remarqua
que celle-ci tenait un bâton surmonté d'une tête d'enfant et à la ceinture
elle avait une épée qui semblait être un travail d'elfe et de nains. Cette
épée semblait être d'une grande puissance.
Gilgamesh approcha et dit :
- Dit nous qu'est ce que tu as fait des habitants de ce village ?
Succube :
- Ah! Ah ! Ah! Ah ! Grâce à l'incantation que vous tenez, j'ai transformé ces habitants en mes esclaves.
Athos :
- Qu'est ce que tu leurs as fait ?
Succube :
- Vous voulez savoir ! Ah! Ah ! Ah !
A ce moment, la succube brandit son sceptre et des
éclairs sortirent du crâne et atteignirent le sol, un peu partout dans le
village. Des morts-vivants sortirent du sol, attrapant nos quatre compagnons
et les clouèrent au sol. La licorne était prise par les pattes mais était un
animal pur et sain mais Athos ne s'inquiétait pas pour elle car les
morts-vivants ne pouvaient rien contre cette créature. Succube s'approcha et
reprit le parchemin puis elle ajouta :
- Bientôt vous serez comme eux, mes esclaves.
Puis elle sembla recevoir un message par télépathie et elle rajouta :
- Je vous laisse j'ai des invités à m'occuper.
Et elle partit aussi vite qu'elle était venue. Athos, Bargo et Willard se débattaient pour se sortir de ces mains qui sortaient du sol avant que les autres morts-vivants ne les mordent sinon eux aussi serait changés en morts-vivants. Athos ne pouvait prendre ses flèches, Bargo avait perdu son épée lors de sa chute et Willard également avec sa hache. Azroc qui s'était caché pendant que Succube était là revint sur l'épaule de son maître. Ceci permit à Gilgamesh de commencer son incantation.
Pendant ce temps là, Pyro fit un petit passage pour ralentir ces êtres répugnants. Gilgamesh finit son incantation et là Willard put admirer une énorme boule de lumière jaillir de Gilgamesh et réduire tous les morts-vivants en poussière. Athos, Bargo, Willard et Gilgamesh se relevèrent très vite. Tous furent soulagés d'avoir échapper au sort que Succube leur avait réservé. Maintenant ils savaient qu'ils avaient à combattre un ennemi qui pouvait contrôler une Succube...
Après ce combat
éprouvant, les compagnons décidèrent de s'arrêter un moment. L'Elfe sembla
se perdre dans ses pensées. Tous s'étaient assis, presque en cercle et se
remémoraient ce combat. L'Elfe rompit le silence, mais adopta une attitude
que nul ne lui connaissait auparavant.
- Il faut que... Je vous dise quelque chose...
Elle balaya son petit auditoire vivement, puis repris
la parole, les yeux fixés en face d'elle, entre Bargo et Gilgamesh.
- J'ai toujours été quelqu'un de très solitaire... et... c'est, à vrai dire, la première fois que je chemine avec un groupe. Je ne savais pas si je pouvais vous faire confiance...
Après un bref silence, elle baissa les yeux et reprit :
- Athos n'est pas mon nom. Je me nomme Eärinya.
Elle ne leva pas les yeux, craignant le regard dépité
de ses compagnons.
- Bargo, le soir où je vous ai rencontré, je fus
surprise de ma propre audace de vous avoir invité dans cette grange et à me
suivre. Et j'ai pris peur. Je suis, cela peut paraître stupide. Et ça l'est
sans doute aucun. J'ai hésité entre filer en douce ou rester... Vous donner
un autre nom était une manière de me protéger, de laisser des distances
entre vous et moi. Distances virtuelles, certes... C'est stupide de ma part.
Je n'avais pas prévu que d'autres compagnons se joindraient à nous...
Après un lourd silence, Willard interrogea l'elfe :
- Je croyais que les Elfes ne mentaient pas (il grommela). Que nous cachez-vous d'autre ????
- Rien! Je vous le jure!
Elle fixa le nain de ses grands yeux bleus. Elle
évita soigneusement le regard de Bargo, très inquiète de ce qu'elle pourrait
y lire. Le Demi elfe vit alors l'émotion d'Eärinya, de la peine, de
l'angoisse, de la honte... Gilgamesh, ainsi que Willard, semblaient quelque
peu méfiants. Eärinya reprit :
- Je peux m'en aller, si vous le désirez. Je
comprendrais votre réaction.
- Non, répondit Bargo... Notre ennemi est grand, plus
nous serons nombreux, plus on aura de chance de réussite.
Ce n'est pas tout à fait la réponse qu'aurait espéré
l'Elfe, se sentant soudain comme un pion sur un échiquier. Elle leva enfin
les yeux sur Bargo. Ce dernier était sans nul doute, fâché. Non, déçu. Déçu
était plus adéquat. Elle lui murmura :
- Je vous demande pardon Bargo. Je n'ai en rien voulu vous blesser...
Elle baisse de nouveau les yeux. Voyant la situation embarrassante pour l'Elfe, Willard semblait s'en amuser quelque peu... puis il s'aperçu qu'il n'aurait pas aimé être dans cette situation... Aussi, l'échappatoire d'Eärinya, vient.... du Nain !!!!!!!!
- Bon, continua Willard de sa voix tonitruante. Ca ne m'étonne pas d'une Elfe tout ça, mais on n’a pas que ça à faire... Allez, en route ! On a des combats qui nous attendent !
Il se leva d'un bond et saisit sa hache. Eärinya
sourit, se leva elle aussi et se "glissa" littéralement sur sa licorne. Elle
esquissa un maigre sourire à Bargo, qui préféra rester de glace. Gilgamesh
et ses dragons se tenaient près de Willard, et Bargo les rejoignit.
L'équipée se mit en route...
Lors du chemin, Gilgamesh s'approcha d’Athos euh de Eärinya et posa sa main sur son épaule. Gilgamesh ajouta :
- Je me doutais bien que tu cachais quelque
chose depuis le début. Mais que tu t'appelles Athos, Eärinya ou autre chose
ne change rien, tu es l'elfe que je connais depuis le début et je t'aime
toujours aussi bien comme avant.
- Je suis contente que tout le monde ne soit pas
contre moi. Répondit Eärinya
- Tu ne pensais comme même pas berner quelqu'un de
plus vieux que toi. Dit Gilgamesh avec un petit sourire.
Eärinya eut un regard d'étonnement :
- Et oui, j'ai 3500 ans et toi tu n'as pas plus de 1000 ans à ce que je vois.
Bargo et Willard étaient devant avec leur air
grincheux. Gilgamesh rajouta :
- Ne t'en fais pas, je suis sûr qu'ils vont oublier et que dans peu de temps tout rentra dans l'ordre.
Et c'est ainsi que le petit groupe continua sa marche
avec Willard et Bargo se demandant s’ils devaient encore accorder leur
confiance à l'elfe, Eärinya un peu plus rassurée, et Gilgamesh qui se disait
qu'il fallait encore faire plus attention car étant donné que le groupe
était un peu distant, cela était dangereux.