Retour à l'auberge

(Auteur :  Haper )

 

La Louve se leva brusquement en faisant tomber sa chaise, et ne pu s'empêcher de lancer un cri d'effroi lorsqu'elle aperçu Furet, son époux, entrer. Mais elle se rassura aussitôt en voyant le signe de la main que venait de lui faire son mari, signe que tout allait bien. Furet comme toute la bande faisaient triste mine, les traits tirés, les vêtements déchirés et tachés de boues et de sang coagulé.

Azog alla à la rencontre de son frère. Le mot frère était peut-être surprenant tant les deux personnages ne se ressemblaient guère. Autant l'un était impulsif et insouciant, autant l'autre était réfléchi et posé.
Combien de fois, en vain, Azog avait-il essayé de remettre son frère dans le droit chemin, lors de propos parfois blessant à l'encontre de l'un d'entre nous. Mais il n'y avait rien à faire. Brehan était ainsi et on lui pardonnait volontiers car il avait aussi un grand coeur.

Ils se ressemblaient et s'entendaient par contre fort bien lors de ripailles et fêtes improvisées dont Brehan était l'initiateur.

Physiquement ils ne se ressemblaient pas du tout. Azog était plutôt de taille moyenne et trapu, fort comme un roc. Comment une mère avait t-elle pu engendrer deux êtres aussi différents. La question n'avait finalement aucune importance, ils étaient frères pour tout le monde et c'était bien ainsi.
Boubou et Haper allèrent directement au bar prendre une bonne bière bien méritée. Brehan racontait déjà, à qui voulait bien l'entendre la bataille que nous venions de subir. A entendre Brehan, la victoire était belle, le récit dépassant parfois la réalité. Les batailles passées ou à venir n'étaient belles que dans les livres.

Brehan vint nous rejoindre au bar, non sans caresser le derrière avenant d'une nouvelle serveuse que Brehan ne connaissait pas. Mais pas pour longtemps. Azog le vit faire et leva les yeux au ciel. Incorrigible ce Brehan. Furet et la Louve se joignirent également à nous et Brehan paya la tournée générale.
Le tavernier avec sa bonne bedaine trahissant les ans et la bonne chaire, le crâne dégarni, les sourcils broussailleux et sa moustache fournie, nous connaissait bien. Trop bien même. Combien de fois avions nous ripaillés chez lui jusqu'à des heures déraisonnables. Il regardait Boubou d'un oeil mauvais. Il se rappela la dernière fois où Boubou enivré plus que de coutume, subtilisa subrepticement le tablier rose d'une serveuse. Il le noua à sa taille et se mis à danser au son de la viole jouée par un ménestrel. Il sauta sur une table et se mis à danser une gigue des plus endiablé, tout le monde tapant dans les mains. Ce qu'avait prévu le tavernier mais pas Boubou, c'est que la table ne supporterait pas longtemps un tel régime. La table s'écroula sous son poids et Boubou se retrouva les quatre fers en l'air, au milieu des assiettes et de verres cassées.

Le tavernier nous aimait bien mais jusqu'à une certaine heure seulement.


Sniper était venu nous rejoindre au bar. Sniper avait toujours soif. Sans doute cela était-il inscrit dans ses gènes puisqu'il était né dans une contrée chaude inconnue de nous. Il dormait aussi beaucoup. De ce fait travaillait peu.
Il avait une spécialité que peu de gens connaissaient. Son père, un aventurier était parti pendant de longues années vers des pays inconnus en direction de l'orient. Il était revenu un beau matin alors que tout le monde ne l'attendait plus. Il ne reconnaissait plus son fils qui avait bien grandi depuis toutes ces années. De ces régions lointaines, son père avait ramené diverses poudres et couleur blanches et grises, qui une fois mélangées provoquaient de petites explosions. Cela avait le don de terroriser et de faire sursauter tout le monde tant le bruit était aussi soudain que terrible.

Son père l'avait initié très jeune à l'art de fabriquer ces poudres à partir de minéraux connus de lui et de lui seul. Maintenant que son père n'était plus, il maîtrisait parfaitement la façon de les créer. Par contre, son père mort trop tôt, n'avait pas eût le temps de lui indiquer les bons dosages en fonction des effets escomptés.

Et c'était bien là le drame de Sniper.... et de nous tous. Quand on le voyait préparer ces fioles de poudres, l'inquiétude se lisait sur nos visages et détallions rapidement.

On se rappelait tous de son dernier essai, où il avait mis une fiole de poudre devant une porte fermée, certes robuste, d'une maison en pierre.

Lors de l'explosion, Sniper fût projeté dans un poulailler proche et tout le pan de mur de la maison s'écroula.

Sniper serait certainement une recrue de choix dans notre équipe. A condition de courir vite.

 

Dans le fond de la salle, dans la pénombre, Format était assis en face d'une jeune personne fort jolie aux yeux bleus et au teint pâle. Une fois que Format avait décidé de jeter son dévolu sur une personne, il ne la lâchait plus. Elle devenait sa proie, tel un Vampire vidant de son sang sa victime. Il était difficile d'en réchapper alors. Pourtant cette jeune personne lui donnait du fil à retordre et rien ne laissait présager une victoire facile pour Format. C'était une fille solitaire, ne semblant pas s'intéresser aux hommes ou tout du moins s'attacher aux hommes.

La Louve :

- Haper, tu gardes même ton heaume pour picoler. Enlève le pour que je vois enfin ton visage et savoir à qui je m'adresse.

 

Haper avait été désagréable par le passé avec la Louve, et certainement que celle-ci lui en tenait rigueur. Son heaume était ainsi fait qu'il pouvait boire ou manger sans l'enlever. Il gardait toujours son armure et son heaume et ce quel que soit la saison. Il dormait avec. Jamais il ne l'enlevait et ceux qui avaient pu voir son visage n'étaient plus là pour en parler. Il attendait une nouvelle d'une personne qui en fabriquait et peut-être l'inciterait à l'enlever.

 

Myriam quitta précipitamment la table de Format, l’air outré. Format, une fois de plus avait dû dépasser les limites de ce que pouvait entendre Myriam. Dead sortit d’un recoin sombre de la pièce que d’aucun d’entre nous n’avait aperçu jusqu’alors. Il n’avait pas perdu une miette de nos conversations. Il prit la place encore chaude de Myriam et engagèrent une longue conversation à voix basse.

 

Que pouvait donc bien se raconter Format et Dead ?